Lola est en passe de devenir un symbole de lutte contre l'immigration en France. En effet, depuis que la nationalité de son assassin est rendue publique, il ne se passe pas un jour sans que des actes anti-immigration ne soient enregistrés. Hier, c'est la ville française Grenoble qui a été le théâtre d'expression d'un sentiment de plus en plus perceptible.

Une quinzaine de personnes portant des capuches ou des masques ont, dans la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 octobre, apposé des banderoles portant des propos anti-immigration. Certains ont, en outre, inscrit des tags sur les murs de bâtiments du quai Créqui, du quai de France ainsi que sur la façade du stade des Alpes, boulevard Jean-Pain.

« Ces graffitis dénonçant le meurtre de Lola et attribuant ce crime à l'immigration et au sentiment d'insécurité devaient être rapidement nettoyés par les services de la Ville », a annoncé le journal électronique Le Dauphiné libéré. « Une enquête de police a été ouverte », assure le même journal.

Tags contre l'immigration à Grenoble

Tags contre l'immigration à Grenoble

Le meurtre de Lola : une aubaine pour la droite et l'extrême droite ?

Ainsi, l'immigration a été clairement montrée de doigts. À croire que les millions d'immigrés vivant dans ce pays pouvaient se transformer en des Dahbia B, et que, parmi les Français, il n'y a pas d'hommes et de femmes capables de commettre pareilles monstruosités. La gravité d'un crime est-elle proportionnelle à la nationalité du criminel ? C'est, paraît-il, le cas pour la droite et l'extrême droite françaises.

D'ailleurs, le très controversé et néanmoins écouté Éric Zemmour a déclaré : « Cette femme algérienne est une femme étrangère qui ne devait pas être en France, et un crime commis contre une enfant française n'est pas pareil qu'un crime commis par un Français ». Et d'ajouter : « Il y a une multitude de crimes depuis des années et des années, commis par des clandestins qui ne devraient pas être là, par des étrangers [et] par des enfants de l'immigration. Il y a un problème qui n'est plus seulement d'individus, de crimes personnels, de faits divers, ce sont des crimes politiques ».

Des propositions dignes de l'inquisition et les Algériens dans le viseur

Le président de l'Observatoire de lutte contre l'islamophobie, Abdallah Zekri, avait pourtant rendu public un chiffre à même de faire taire ce genre d'argumentations : « 87 % des crimes sont commis par des Français ». C'est-à-dire par des personnes de nationalité française n'ayant pas d'ascendance étrangère.

En fait, l'extrême droite et la droite, tout en se défendant de toute récupération, voient dans cette affaire une occasion d'exercer des pressions sur le Gouvernement afin de l'amener à durcir au maximum les lois sur l'immigration. Marine Le Pen, cheffe de file des députés du Rassemblement national, a appelé, le 20 octobre 2022, à la révision des accords de 1968 sur la circulation et le séjour des Algériens en France. Cette proposition montre clairement que les Algériens sont dans le viseur du parti de Le Pen.

Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, a annoncé, lui, le dépôt d'un texte créant un délit de « non-assistance à Français en danger ». « Lorsqu'un Français est blessé ou même tué par un étranger qui n'a rien à faire sur le sol français, et où l'État n'a pas fait diligence, il y a une sorte de responsabilité pour non-assistance à Français en danger », a déclaré Retailleau sur BFMTV.