L'agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne (Frontex) fait état d'une augmentation très sensible du nombre d'entrées irrégulières sur le continent européen. D'après cette agence, entre 2021 et 2022, l'augmentation a été de l'ordre de 73 %.

La Frontex indique, dans un communiqué qui date du 14 novembre, que depuis le début de l'année en cours (2022), le nombre d'entrées irrégulières recensées aux frontières extérieures de l'Union européenne est de 275 500. Un nombre en hausse de 73 % par rapport à la même période en 2021. Il s'agit, précise la Frotex, du chiffre « le plus élevé depuis 2016 ».

Entrées irrégulières en Europe : la « route des Balkans » est la plus empruntée

Frontex a aussi fait le décompte des entrées selon les routes empruntées. Ainsi, la « route des Balkans », qui passe notamment par la Bulgarie, la Serbie, l'Albanie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine, a été en tête du classement. L'agence attribue clairement le nombre élevé de passages aux « tentatives répétées de franchissement de la frontière par des migrants déjà présents dans les Balkans occidentaux, mais aussi à des personnes abusant de l'accès sans visa à la région ». « Certains migrants utilisent l'accès sans visa pour passer par l'aéroport de Belgrade et se diriger ensuite par voie terrestre vers les frontières extérieures de l'UE », poursuit Frontex[1]EU external borders in October: Number of irregular entries on the rise, Frontex.

La Méditerranée, deuxième route la plus utilisée par les harraga

La Méditerranée « centrale », que Frontex situe entre la Sardaigne et la Sicile, a été la deuxième route la plus utilisée. Rappelons, dans ce contexte, que cette « route » est au cœur des discussions politiques depuis plusieurs jours. La situation de l'Ocean Viking, le navire humanitaire de l'ONG SOS Méditerranée, a, en effet, provoqué une crise diplomatique entre Paris et Rome, une crise qui, de l'avis des spécialistes, peut bien durer.

Rappelons aussi que depuis 2014, plus de 900 personnes sont mortes ou ont été portées disparues sur les routes migratoires européennes, en mer ou sur terre. Ce chiffre macabre a été donné par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).