Automobile en Algérie : Comment lancer la sous-traitance ?

Usine de voitures au Maroc - production automobile

En Algérie l'activité de construction automobile est régie par de nouvelles règles. Cette activité est subordonnée à l’obligation d’atteindre, à compter de l’obtention de l’agrément, un taux d’intégration minimal de 10 % au terme de la 2e année et de 20 % au terme de la 3e année et de 30 % à la 5e année. Pour atteindre ces taux d'intégration, le secteur de l'automobile a besoin d'entreprises de sous-traitance performantes.

Le président du cluster mécanique de précision et du conseil consultatif pour la promotion des PME est intervenu dans ce débat sur la construction automobile. Lors de son passage dans l'émission Invité de la rédaction de la Chaîne 3, Adel Bensaci a souligné la nécessité de développer un tissu industriel adapté. Cet industriel explique que ce besoin est plus fort « surtout que l’automobile est un secteur structurant qui touche la mécanique, le textile, le plastique, l’électronique… ». Il préconise également la mise en place d' «  une zone franche pour les sous-traitants ».

Adel Bensaci rappelle qu’il y a déjà des acteurs qui activent dans le domaine depuis longtemps. « La filière mécanique a commencé à se développer dans les 1970, et des sous-traitants locaux fournissaient alors la SNVI, l’ENTP, le complexe de moteurs et tracteurs de Constantine », indique le président du conseil consultatif pour la promotion des PME. Il rappelle également que la régie Renault d’El-Harrach, quand bien même c’était des complexes qui se voulaient « intégrés, à l’époque » avait utilisé des sous-traitants. Et d’ajouter qu’entre les années 1980 et 1990, la SNVI comptait déjà près de 300 sous-traitants.

Des PME sous-traitantes de l'industrie automobile existaient déjà

« Nous avons une vingtaine de PME qui activent dans le secteur automobile, notamment les sièges, les batteries, les tableaux de bord, les pare-chocs et autres éléments qui entrent dans la fabrication des véhicules, mais cela reste insuffisant vu les objectifs de l’Algérie », souligne Adel Bensaci en notant que « nous sortons d’une période de gabegie durant laquelle il y a eu des erreurs qu’il ne faut pas répéter ».

Par ailleurs, les perspectives du développement de la sous-traitance sont intéressantes, selon Adel Bensaci qui déclare : « nous sommes en train de travailler sur l’intégration d’un certain nombre de PME dans le secteur de l’automobile pour les spécialiser, parce que ce secteur a ses propres normes, ses propres standards, et il faut les accompagner ». L'industriel rappelle que les constructeurs locaux doivent être homologués par les usines qui vont s'installer en Algérie en répondant à un système de management (ISO 9001 entre autres), mais encore faut-il que cela réponde à un certain volume et que cela soit intégré à une échelle régionale.

Par ailleurs, le président du conseil consultatif pour la promotion des PME recommande « la création d’un système de management qui réponde aux standards des constructeurs internationaux, avant de passer au stade d’homologation ». Il affirme que cet écosystème « doit être promu par la Bourse de sous-traitance qui joue un rôle pivot, qui elle-même doit être appuyée par le ministère de l’Industrie, notamment au travers de son infrastructure de qualité, c’est-à-dire la Satim ». Adel Bensaci préconise aussi la formation spécialisée des employés. Et dans ce chapitre, il insistera sur la formation professionnelle qui représente, à ses yeux, « la cheville ouvrière de toute industrie naissante ou en développement ».

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