Au centre du débat public au Canada, l’immigration francophone paraît non seulement souhaitable, mais aussi indispensable. Pour le ministre fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, il y va même de la « cohésion sociale ». Pour ce ministre, il est nécessaire de faire croître la proportion d’immigrants francophones hors du Québec, et ce, afin de maintenir ladite « cohésion ».

« C’est essentiel de continuer d’augmenter le nombre de nouveaux arrivants en général. C’est une bonne chose pour notre pays, mais ce n’est pas possible pour moi de maintenir la cohésion sociale si on n’augmente pas le nombre de nouveaux arrivants francophones aussi », a, en effet, déclaré, le 6 décembre 2022, Sean Fraser.

Sollicité pour d’amples explications quant à cette déclaration, Sean Fraser a parlé du fait que le Canada est un pays bilingue et a vanté la diversité de sa population. Son bureau a, par la suite, indiqué que Fraser veut conjuguer un « appui » à l’idée que l’immigration est nécessaire pour l’économie avec le fait que les francophones de l’extérieur du Québec sentent que « leurs besoins sont comblés ».

Québec : 50 000 immigrants sont nécessaires afin de respecter la capacité d'accueil, de francisation et d'intégration

Le ministre Fraser faisait ces commentaires immédiatement après avoir témoigné presque entièrement en français devant le comité permanent des langues officielles, où il s’est dit « très confiant » que son ministère atteindra l’an prochain la cible actuelle de 4,4 % et qu’il vise à l’augmenter à l’avenir.

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Rappelons que le Premier ministre du Québec, François Legault, avait lui-même suggéré lors de la campagne électorale qui l’a maintenu au pouvoir que l’immigration non francophone dans la province constituait une menace à la « cohésion nationale ». Ses propos avaient, pour rappel, amené le ministre du Patrimoine canadien et lieutenant libéral pour le Québec, Pablo Rodriguez, à l’accuser de « diviser les Québécois ».

Aussi est-il utile de rappeler que le gouvernement libéral fédéral avait, un mois de cela, dévoilé ses plans afin d’augmenter massivement le nombre de nouveaux arrivants pour le faire passer à 500 000 par an d’ici 2025. Le gouvernement provincial québécois, lui, a estimé que le seuil de 50 000 immigrants est nécessaire pour respecter la « capacité d’accueil, de francisation et d’intégration » du Québec.