Parti en France avec ses parents pour soigner sa grave maladie, un enfant algérien est menacé d’expulsion. Les autorités françaises refusent de lui accorder un titre de séjour, estimant qu’il pourrait être soigné en Algérie. Chose que réfute le médecin traitant de cet enfant, en affirmant que ce dernier nécessite une prise en charge extrêmement lourde qui n’est pas possible en Algérie. 

C’est une histoire déchirante que rapporte mardi 6 décembre le site français Actu.fr. Louei, un enfant algérien de 9 ans qui ne peut pas parler, marcher, ni utiliser ses bras est pris en charge médicalement à Grenoble depuis son arrivée en France, en mars 2019, avec ses parents. Cet enfant, qui souffre d’une grave maladie nécessitant des soins lourds, est menacé de se faire expulser du territoire français en compagnie de son père. Tous les deux ne disposent pas de titres de séjour.

Les multiples demandes du père de l’enfant pour l’obtention d’un titre de séjour ont essuyé un refus de la part des autorités françaises. La mère du jeune enfant a été contrainte de quitter la France en raison des conditions dans lesquelles vivait la famille, indique Fethi, le père de Louei. Atteint de quadriparésie spastique et dystonique secondaire à une encéphalopathie anoxo-ischémique-néonatale, Louei est hébergé aujourd’hui dans un logement médicalisé à Grenoble.

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Le jeune enfant risque de mourir s'il n'est pas pris en charge

Selon, le docteur Baudu, le médecin traitant de Louei à Grenoble, le jeune garçon doit prendre quotidiennement des médicaments anti-parkinsonien, pour l’épilepsie, la constipation, ainsi que des suppléments en fer. Louei, qui ne peut pas utiliser ses bras, se nourrit uniquement grâce à des poches alimentaires. Une prise en charge extrêmement lourde qui n’est pas possible en Algérie, selon son médecin traitant.

«Si le handicap de Louei n’est pas pris en charge, il risque de mourir », alerte le docteur Baudu, qui se mobilise avec ses confrères pour éviter l’expulsion de l’enfant vers l’Algérie. Les autorités françaises ont refusé, à deux reprises, l’attribution d’un titre de séjour à Louei et son père, évoquant une possibilité d’avoir la même prise en charge en Algérie. « L’administration se trompe en disant que certains médicaments de son traitement peuvent être modifiés », explique le médecin traitant de l’enfant.

« L'accès à certains médicaments n'est pas possible en Algérie, d'autres sont régulièrement en rupture de stock. Les médecins algériens nous disent que le suivi qu'il a en France ne peut pas être le même chez eux », affirme encore docteure Baudu. « Si j’avais tous les soins en Algérie, je n’aurais pas déchiré ma famille en deux. Cela fait quatre ans que je suis loin. Tous les sacrifices que j’ai faits ne vont servir à rien » déplore le père de l’enfant.