En Europe, la lutte contre l’immigration clandestine passe à une vitesse supérieure. L’on ne se contente plus d’employer les moyens – forces de l’ordre, logistiques, cadres juridiques – existants, mais on s’attèle à en créer d’autres pour contrecarrer le phénomène. Et, entre la France et l’Allemagne, c’est toute une police qui vient d’être créée.

La décision a été prise suite au Conseil des ministres de l'Intérieur des deux pays, organisé le 22 janvier de l’année en cours. En effet, les ministres, Gérald Darmanin et Nancy Faeser, ont indiqué que c’est en faveur dudit Conseil qu’une unité dédiée à la problématique de l’immigration clandestine a été créée. L’initiative témoigne, si besoin est, de la détermination du vieux continent à maîtriser l’immigration clandestine, et ce, en dépit d’un besoin grandissant de main-d’œuvre. Un besoin que l’Allemagne exprime d’ailleurs plus que tous les pays européens.

Cap sur le renforcement de l'espace extérieur à Schengen

L’unité en question a été baptisée UCFA (Unité conjointe franco-allemande de lutte contre l'immigration irrégulière). Selon un communiqué de presse rendu public suite au Conseil des ministres de l’Intérieur, « elle est appelée à mettre en place de patrouilles communes à la frontière commune de nos deux pays ». À noter que le mouvement migratoire entre les deux pays va davantage de l’Allemagne vers la France. Les migrants, selon toute vraisemblance, quittent souvent l’Allemagne, où il est plus difficile de se faire régulariser, pour tenter leur chance en France. Selon les chiffres officiels, les ressortissants afghans sont les plus nombreux à emprunter ce chemin.

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Cependant, rendre « imperméable » la frontière franco-allemande n’est pas l’ultime but des deux pays. Les deux ministres de l’Intérieur ont, en effet, fait savoir qu’ils comptaient maintenir leur coopération à propos des réformes européennes plus globales. Il s’agit, entre autres, du renforcement extérieur de l’espace Schengen et le Pacte européen sur les migrations et l’asile, prévu d’ici au printemps 2024. Aussi, ils s’attèlent à s’accorder la coopération des pays pourvoyeurs de migrants, notamment en favorisant les retours de ressortissants clandestins et en luttant contre les passeurs.