Hausse des prix en Algérie : Quelques explications

Le ramadan 2023 a été difficile pour les Algériens. L'inflation a atteint des niveaux records. Les prix des produits de consommation ont connu des hausses considérables. Pour l'Aïd, les prix des vêtements ont également flambé. L'inflation mondiale n'est pas la seule responsable de ces hausses, car les produits agricoles en majorité ne sont pas importés. Le Président de l’association El Aman pour la protection des consommateurs, Hacène Menouar, s'est exprimé sur le sujet et a donné certaines pistes de réflexion pour expliquer cette flambée des prix. 

Hacène Menouar a indiqué, dans une interview accordée au journal El Watan, que les prix pendant ce mois de ramadan ont atteint des niveaux jamais atteints. Il a affirmé que « ce ramadan a été pénible pour les consommateurs algériens. Il survient deux ans après la crise sanitaire qui a ruiné certaines entreprises. Bon nombre d’Algériens se sont retrouvés sans travail, d’autres avec des revenus inférieurs qu’auparavant ».

Le Président de l’association El Aman pour la protection des consommateurs explique donc qu'il y « a eu la crise économique et financière mondiale. Cela a impacté les revenus des ménages, parce que nous sommes toujours restés dépendants des marchés internationaux même pour nos aliments les plus nécessaires et les plus largement consommés ».

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L'oignon a atteint 8 fois son prix normal en Algérie

Cependant cela n'explique pas tout. Pour Hacène Menouar, les pouvoirs publics ont montré leur incapacité « de maîtrise des réseaux de distribution et, surtout, une défaillance dans la régulation du marché ». Il illustre ses dires par la hausse des prix de la pomme de terre qui « s’écoulait à 40-50 dinars au-dessus de son prix normal ». Hacène Menouar ajoute que « lorsque le prix de la pomme de terre a baissé, celui de l’oignon a augmenté de manière excessive ». Concernant ce produit qui a volé la vedette aux autres produits pendant tout un mois, le président de l’association El Aman pour la protection des consommateurs a même affirmé que « le prix de l’oignon a choqué les Algériens et a atteint jusqu’à 380 dinars. C’est 8 fois son prix normal ».

L'Aïd el-Fitr va aussi impacter les bourses algériennes

Pour les jours à venir, Hacène Menouar prévoit que « deux postes de dépense vont encore alourdir le budget des ménages. Il s’agit des dépenses liées à la préparation des gâteaux dont les familles algériennes ne peuvent pas se passer pour des raisons culturelles et religieuses. Les dépenses pour l’achat des vêtements vont aussi impacter les bourses. Les vêtements, notamment pour enfants, sont hors de portée ».

Pour solutionner le problème de ces hausses des prix, le président de cette association a rappelé « des notions essentielles qui font que l’État est régalien et régulateur ». « Je considère que le rôle des différents ministères chargés de réguler la production et la distribution des produits de base n’est pas de faire de la sensibilisation comme on a pu l’observer durant ce mois », a t-il affirmé en insistant que « leur rôle est de construire des centrales de distribution, de renforcer les chaînes d’approvisionnement, de contrôler les prix, de réglementer, d’imposer l’affichage des prix, de veiller au respect des normes sanitaires, de réprimer les pratiques illégales … »


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