Élimination du marché noir des devises : Pourquoi est-ce si difficile ?

Bureaux de change - Marché noir - Algérie

Ces dernières années, les responsables politiques et financiers algériens multiplient les déclarations d'intention sur l'élimination du marché noir des devises. Toutefois, ce marché reste la véritable bourse de change. Le marché noir des devises en Algérie reste donc un véritable casse-tête pour l'économie algérienne ; il attire des sommes colossales, loin de tout contrôle, impactant considérablement le marché officiel. 

Depuis quelques semaines, l'annonce de l'ouverture des bureaux de change officiels a fait naître l'espoir de l'éradication de ce marché et aussi de l'effondrement des devises sur le marché noir. Cependant, le marché noir résiste à ces annonces et reste prépondérant dans les opérations de change avec des taux record atteints par l'euro et le dollar. C'est dans ce contexte que le ministre des Finances Laaziz Faid s'est exprimé, le mercredi 29 novembre, sur ce dossier lors d'une séance plénière à l'APN.

L'argentier du pays, en réponse à des questions posées dans l'hémicycle Zighout Youcef, s'est donc expliqué sur la concrétisation de l'ouverture des bureaux de change et l'élimination du marché parallèle des devises. En effet, en réponse aux questions de certains députés, Laaziz Faid a indiqué que cet objectif nécessite la contribution de nombreux départements ministériels et institutions pour établir les règles du marché, la transparence et le contrôle strict des opérations.

Le marché noir va-t-il être éliminé ?

À ces questions concrètes, le ministre a d'emblée choisi une réponse technique en affirmant que l'élimination du marché noir des devises « dépend aussi de la tendance à la libéralisation totale du dinar, qui permet à chacun d'échanger librement la monnaie nationale. Cependant, ce système pose un problème majeur pour l'économie nationale et la conduite de la politique de change, car les circonstances actuelles et la nature de l'économie nationale ne permettent pas son adoption ». Il souligne ainsi les risques liés à la libéralisation totale du dinar, entre autres la fuite des capitaux. « Cela va engendrer une baisse des besoins de change, alors que la capacité de l'économie nationale à générer des revenus en devises est stable », précise-t-il.

Par ailleurs, le ministre a rappelé que les conditions de l'ouverture des bureaux de change ont été définies en vertu du règlement de la Banque d'Algérie du 21 septembre 2023, relatif aux conditions d'autorisation, d'établissement, d'agrément et d'activité des bureaux de change. « Les conditions de mise en œuvre de ce système seront déterminées conformément à une instruction de la Banque d'Algérie », a-t-il indiqué sans pour autant donner une date précise de leur ouverture, pourtant promise pour avant la fin de l'année en cours. Concrètement, le ministre avoue son incapacité à éliminer le marché noir et reconnaît indirectement que ce marché a encore de beaux jours devant lui.

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