Le pétrole flambe à nouveau en raison des tensions en Mer Rouge

pétrolier à côté d'une station offshore

Les prix du pétrole ont flambé à nouveau en raison des tensions en Mer Rouge. Ils ont atteint leur plus haut niveau depuis deux mois. Ainsi, les fluctuations des prix de l'or noir deviennent imprévisibles dans un climat géopolitique et sécuritaire très tendu en Mer Rouge, suite à des attaques des rebelles yéménites houthis contre les navires de transport de marchandise.

Ce samedi 27 janvier, les prix du pétrole sont en nette hausse. Le Brent, référence du pétrole algérien, se négocie à 83,68 USD. De son côté, le brut américain West Texas Intermediate est cédé à 78,23 USD. Cette hausse est significative étant donné que le pétrole gagne plus de 5 dollars en 2 jours. Elle est la conséquence de l'attaque d'un tanker britannique revendiquée par les rebelles yéménites houthis. Une attaque qui ravive la menace d'une perturbation des approvisionnements au Moyen-Orient.

En effet, les rebelles yéménites ont indiqué avoir tiré des missiles contre un navire britannique, le Marlin Luanda, pétrolier sous pavillon des Îles Marshall et à destination de Singapour. Les houthis affirment que ce navire a été "touché de plein fouet" et "a pris feu". C'est la première fois depuis le début des attaques à répétition des rebelles yéménites aux environs du Golfe d'Aden qu'un tanker est touché, ce qui a fait monter les craintes sur l'approvisionnement en pétrole.

Les attaques houthis ont des répercussions sur le commerce international, notamment les prix du pétrole

Phil Flynn, de Price Futures Group, indique que cette attaque "a fait bondir les cours" en expliquant que "les risques géopolitiques pèsent. Les craintes quant à l'offre tirent le marché". De son côté, le cabinet d'analyse de données Ambrey Analytics fait état d'un autre incident, qui avait vu des missiles exploser près d'un tanker indien transportant du pétrole russe. Il faut dire que ces attaques ont eu un impact important sur le transport passant par la Mer Rouge. D'ailleurs, les compagnies pétrolières BP et Shell ont déjà renoncé à emprunter la Mer Rouge et le canal de Suez pour ne pas s'exposer à d'éventuelles attaques.

Il faut rappeler que depuis près d'un mois, les rebelles houthis multiplient leurs attaques sur les navires traversant la Mer Rouge. Le trafic maritime a chuté de 22 %, en raison de ces attaques, annonce l'Union européenne qui alerte sur des répercussions importantes sur le commerce international dans le cas où la situation ne s'améliore pas. En effet, « entre 12 et 15 % du trafic mondial emprunte cette route maritime ainsi que 30 à 35 % des porte-conteneurs », indique Valdis Dombrovskis, le Commissaire européen au Commerce.

Ainsi, avec l'insécurité qui règne en Mer Rouge, de plus en plus de navires commerciaux optent pour un chemin plus long en faisant un détour par l'Afrique du Sud. Un choix qui a, évidemment, un impact sur les prix de transport. Le surcoût en termes de carburant est estimé à plus 20 %, selon la plateforme de logistique Container xChange. Cette même source prévoit une hausse des coûts du transport maritime de 60 %, avec une surprime de l’ordre de 20 % pour les assurances des armateurs.

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