Les corps de harraga algériens au centre d'un business lucratif

Harraga - Passeur algérien - Espagne

C’est ce qu’on appelle un commerce macabre. Un réseau criminel présumé, en lien avec les harraga, a été démantelé en Espagne, cette semaine. Son activité ? Exploiter la douleur des familles de harraga algériens décédés en mer, en leur soutirant de l'argent pour l'identification et le rapatriement des corps.

L'enquête menée par la Guardia Civile et coordonnée par le tribunal d'instruction n°4 de Carthagène, a abouti à l'arrestation de quatre personnes et à la mise en examen de 20 autres. Parmi les suspects, figurent des employés de pompes funèbres, des auxiliaires médicaux légaux et même du personnel de l'Institut médico-légal de Carthagène.

Le réseau profitait du manque de protocoles clairs et homogènes en Espagne pour l'identification des harraga décédés. Des photos des corps, prises dans les salles d'autopsie, étaient transmises aux familles en Algérie contre rémunération. Certains membres du réseau sont soupçonnés de demander de l'argent aux familles des défunts pour faciliter frauduleusement l'identification et les formalités de rapatriement des corps, selon le quotidien espagnol El Pais.

Le point de départ de l'enquête remonte à quelques mois, et ce, suite à une plainte concernant la publication de photographies de cadavres de harraga algériens décédés dans leur tentative de rejoindre l'Espagne. Ces photos auraient été prises dans des salles d'autopsie et leur divulgation n'aurait été possible qu'avec la complicité d'employés de l'Institut médico-légal. Ces images représentaient une information précieuse pour les intermédiaires en contact avec les familles des harraga décédés en mer.

Exploiter la douleur des familles de harraga endeuillées

Le montant des sommes extorquées n'a pas été révélé, mais l'objectif était clair : exploiter la douleur et le désarroi des familles endeuillées, prêtes à tout pour identifier et rapatrier leurs proches. Les perquisitions effectuées ont permis de saisir des documents et du matériel informatique qui pourraient éclairer les ramifications de ce réseau et les implications de ses membres.

L'absence de canaux officiels et transparents pour la gestion de ces situations dramatiques a favorisé l'émergence d'intermédiaires. Si certains agissent de bonne foi, d'autres, comme ce réseau démantelé, n'hésitent pas à tirer profit de la tragédie. L'enquête se concentre actuellement, sur les liens du réseau avec l'Algérie, pays d'origine de la plupart de ces migrants clandestins morts en mer.

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