L’écrivain algérien Kamel Daoud se trouve actuellement au centre d'une vive polémique suite aux accusations d’une femme algérienne. Cette dernière affirme que son vécu personnel a été utilisé sans son consentement dans le roman "Houris", récemment récompensé par le Prix Goncourt 2024.
Saâda Arbane, survivante d'un massacre familial durant la décennie noire en Algérie, a longtemps vécu avec les séquelles physiques et psychologiques de cette tragédie. En ce mois de novembre 2024, elle a décidé de briser le silence en partageant son histoire sur la chaîne One TV. Son témoignage a pris une tournure inattendue lorsqu'elle a accusé Kamel Daoud d'avoir intégré des éléments de sa vie dans "Houris" sans son autorisation.
Le roman "Houris" raconte l'histoire d'Aube, une femme muette marquée par des violences subies durant le terrorisme. Les parallèles entre le parcours de Saâda et celui du personnage principal sont frappants : cicatrices, traumatismes familiaux et détails médicaux sont autant d'éléments que Saâda affirme avoir reconnus dans l'œuvre de Daoud. Elle soutient que ces ressemblances ne peuvent être attribuées à de simples coïncidences.
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Kamel Daoud et son épouse accusés
Saâda Arbane accuse également Kamel Daoud et son épouse, qui est psychologue, d'avoir violé sa confiance en utilisant des informations divulguées lors de séances thérapeutiques. Selon elle, ces consultations, commencées en 2015, étaient censées lui offrir un espace sécurisé pour exprimer ses souffrances. Cependant, elle prétend que ses confidences ont été exploitées à son insu pour nourrir le récit fictif du roman.
L'accusation la plus grave formulée par Saâda concerne la violation du secret professionnel. Elle affirme que l'épouse de Kamel Daoud a divulgué des détails intimes issus de leurs échanges thérapeutiques. Cela pourrait avoir des conséquences juridiques sérieuses si ces allégations s'avèrent fondées. Saâda a aussi révélé avoir reçu un exemplaire dédicacé de "Houris", ce qui n'a fait qu'aggraver son sentiment d'injustice.
La femme qui a témoigné à visage découvert, porte des accusations graves d’éthique concernant l'utilisation d'histoires personnelles dans la fiction. Si les accusations de Saâda sont vérifiées, cela pourrait non seulement affecter la carrière littéraire de Kamel Daoud mais également remettre en question les pratiques professionnelles de sa femme en matière de confidentialité.