L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud et sa femme, Aïcha Dehdouh, psychiatre, se retrouvent au centre d'une vive polémique en Algérie. Deux plaintes ont été déposées à leur encontre, les accusant de violation du secret médical et de diffamation. Ces accusations font suite à la publication du roman Houris, qui a été couronné du Prix Goncourt 2024.
Les plaintes émanent de Saâda Arbane, une patiente de Aïcha Dehdouh. Selon l'avocate Fatima Benbraham, la plaignante affirme que des informations confidentielles la concernant ont été transmises à Kamel Daoud et utilisées dans « Houris ». Ce roman aborde les séquelles d'une femme ayant survécu à un massacre durant la décennie noire en Algérie.
Saâda Arbane a déclaré dans une interview qu'elle a reconnu des éléments spécifiques de sa vie dans le récit, notamment des détails intimes comme des cicatrices et des tatouages, qu'elle estime impossibles à connaître sans accès à son dossier médical.
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Les plaintes ont été déposées auprès du tribunal d'Oran, où résident Kamel Daoud et son épouse. Deux actions distinctes ont été entreprises : l'une par l'Organisation nationale des victimes du terrorisme et l'autre par Saâda Arbane elle-même. Ces démarches ont été initiées en août, peu après la publication de Houris et avant l'annonce du Prix Goncourt. L'avocate a souligné que cette discrétion visait à éviter toute interprétation selon laquelle les plaintes auraient pour but d'influencer la remise du prix littéraire.
Accusation de violation du secret médical par l'épouse de Kamel Daoud
Le cœur de cette affaire repose sur l'accusation de violation du secret médical, un principe fondamental de l'éthique médicale. Si ces allégations s'avèrent vraies, cela signifierait que Aïcha Dehdouh aurait transmis des informations protégées par le secret professionnel à son époux. Une telle situation pourrait avoir des conséquences juridiques sérieuses pour la psychiatre.
En outre, les accusations incluent également la diffamation envers les victimes du terrorisme. Étant donné que Houris s'inspire des événements tragiques de la décennie noire (1992-2002), les plaignants estiment que certaines descriptions dans le roman portent atteinte à l'image des survivants et violent la loi sur la réconciliation nationale, qui encadre strictement les publications relatives à cette période.
Face à ces accusations, Kamel Daoud n'a pas encore fait de déclaration publique. Cependant, son éditeur, Gallimard, a pris position en dénonçant ce qu'il décrit comme des "campagnes diffamatoires orchestrées par des médias proches du régime algérien". Selon Gallimard, bien que Houris soit inspiré par des événements réels ayant marqué l'histoire de l'Algérie, les personnages et l'intrigue relèvent de la fiction.
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