La récente décision du Français Engie de céder ses parts dans le projet gazier de Touat au groupe thaïlandais PTT soulève de nombreuses interrogations. Cette transaction, survenue dans un contexte de tensions politiques et diplomatiques entre l'Algérie et la France, pourrait avoir des ramifications économiques et juridiques importantes. Les autorités algériennes vont-elles approuver cette cession ? Et dans quelle mesure la situation politique actuelle a-t-elle influencé la décision d'Engie ?
La vente des parts d'Engie dans le projet Touat pourrait être principalement motivée par des raisons économiques et stratégiques. Depuis plusieurs années, Engie poursuit une stratégie de désengagement des projets liés aux énergies fossiles pour se concentrer sur les énergies renouvelables et la transition énergétique. Le projet Touat, bien que stratégique pour l'Algérie, a rencontré des défis opérationnels et financiers, notamment en raison de retards dans sa mise en production et de contraintes liées à la pandémie de COVID-19.
Les tensions algéro-françaises derrière la décision d'Engie ?
Toutefois, la détérioration des relations entre l'Algérie et la France pourrait également avoir pesé dans la balance. Depuis 2021, des tensions récurrentes entre les deux pays, liées à des divergences historiques et politiques, ont eu des répercussions sur les relations économiques et commerciales. Il est possible qu'Engie ait choisi de réduire son exposition à un marché devenu politiquement sensible. Ou carrément de quitter l'Algérie sur injonction des autorités françaises.
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Le secteur des hydrocarbures en Algérie est soumis à un cadre juridique strict, régulé par la loi sur les hydrocarbures (loi n° 19-13). Cette législation impose une approbation préalable des autorités algériennes pour tout transfert de participation dans des projets pétroliers et gaziers.
#Gaz : Le Thaïlandais PTT va acquérir les parts du Français #Engie en #Algérie https://t.co/nQJoqdfvhN
— Maghreb Émergent (@maghrebemergent) January 7, 2025
Le droit de préemption dont dispose Sonatrach pourrait stopper la transaction d'Engie
De plus, Sonatrach, le géant énergétique algérien, dispose généralement d'un droit de préemption lui permettant de racheter les parts mises en vente avant qu'un tiers étranger n’intervienne. En tout état de cause, sur cette question, tout sera clair au deuxième trimestre 2025, puisque les autorités algériennes vont donner leur avis sur la transaction.
Dans le cas de Touat, les autorités algériennes pourraient s’opposer à cette cession si elles estiment que le transfert de parts à PTT n’est pas conforme aux intérêts nationaux. Elles pourraient également exiger des garanties supplémentaires sur la capacité de PTT à gérer un projet d’une telle envergure.
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Une dimension politique sous-jacente
La cession des parts d’Engie intervient dans un climat de crise entre l’Algérie et la France. L’Algérie pourrait percevoir cette transaction comme un désengagement économique de la part d’une entreprise française, renforçant l’idée d’un refroidissement des relations bilatérales. Si cette perception s’avérait fondée, elle pourrait inciter Alger à durcir sa position, voire à bloquer la transaction.
La cession des parts d'Engie dans le projet Touat reflète une dynamique à la croisée des chemins entre intérêts économiques, cadres juridiques et tensions diplomatiques. Si les autorités algériennes décident de contester cette transaction, cela pourrait compliquer davantage les relations entre les deux pays. La validation de la cession dépendra donc autant de considérations juridiques que d’enjeux politiques et stratégiques.
