Comment une Algérienne a pu arracher un titre de séjour en France après une OQTF

Une jeune Algérienne, K. L., a récemment obtenu une victoire juridique significative en France, après avoir vu une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) suspendue par le tribunal administratif de la Seine-Saint-Denis. 

La jeune femme algérienne est arrivée en France en 2016, à l’âge de 11 ans, pour rejoindre sa famille, déjà installée légalement sur le territoire. Après plusieurs années de scolarité régulière et une insertion dans le monde professionnel, elle a déposé une demande de titre de séjour au motif de « vie privée et familiale » en juillet 2023.

Cependant, malgré un dossier conforme aux critères légaux, la préfecture de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande en août 2024. Non seulement ce refus a été motivé par des arguments basés sur l’accord franco-algérien de 1968, mais il a également été assorti d’une OQTF, l’invitant à quitter le territoire français.

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Une défense juridique rigoureuse pour la jeune Algérienne

Face à cette décision, la requérante a sollicité l’aide de Me Fayçal Megherbi, avocat spécialisé en droit des étrangers. Celui-ci a rapidement déposé un recours devant le tribunal administratif pour suspendre l’OQTF visant la jeune Algérienne et obtenir le réexamen de la demande de titre de séjour. Dans son argumentaire, l’avocat a mis en avant plusieurs éléments clés :

  • La continuité de la scolarité : Depuis son arrivée en 2016, K. L. avait suivi un parcours scolaire ininterrompu en France, démontrant une forte intégration dans le système éducatif.
  • Une situation professionnelle stable : Depuis mai 2024, l'Algérienne, désormais âgée de 20 ans, elle était employée en CDI à temps partiel dans un commerce d’alimentation, renforçant son ancrage économique et social en France.
  • Les bases légales de la demande : Outre les stipulations de l’accord franco-algérien, l’avocat a invoqué l’article L. 423-21 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), ainsi que l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, garantissant le respect de la vie privée et familiale.

Ces éléments ont permis de démontrer que le refus de la préfecture portait atteinte aux droits fondamentaux de K. L., tout en négligeant des faits essentiels liés à son intégration.

La décision du tribunal administratif

Le tribunal administratif a rapidement statué sur le dossier, considérant qu’il existait une urgence à suspendre l’OQTF. Selon l’article L. 521-1 du Code de justice administrative, cette condition est remplie lorsque la situation du requérant risque de subir un préjudice grave et difficilement réparable.

Dans son jugement, le tribunal a suspendu la décision préfectorale et a ordonné à la préfecture de réexaminer la demande de K. L. De plus, la jeune Algérienne s’est vu délivrer un document provisoire de séjour en attendant la décision finale.

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Une affaire qui fait jurisprudence ?

Ce cas met en lumière les moyens juridiques à disposition des personnes confrontées à une OQTF. La mobilisation des outils législatifs nationaux et internationaux, combinée à un dossier solide et une défense compétente, a permis d’annuler une décision initialement défavorable.

Cette affaire pourrait inspirer d’autres étrangers en situation similaire à celle de l'Algérienne, notamment ceux bénéficiant d’un fort ancrage en France mais confrontés à des refus administratifs. Elle souligne également la responsabilité des préfectures dans l’examen des dossiers, rappelant que toute décision doit respecter les droits fondamentaux garantis par la loi.


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