Le ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché, Tayeb Zitouni, a apporté des précisions sur l’état d’avancement de la renégociation de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne (UE). Intervenant samedi 18 janvier, il a confirmé que l’Exécutif travaille activement sur ce dossier, sous la supervision directe du chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune. Cette annonce, relayée par le quotidien L'Expression, marque la première communication gouvernementale depuis la réunion spéciale tenue au Palais d’El Mouradia.
Tayeb Zitouni a souligné que les propositions d’amendement de l’accord d'association étaient en cours de finalisation et a pointé plusieurs dysfonctionnements dans sa mise en œuvre. Le dossier avant bien, si l'on croit le membre du gouvernement. Selon le ministre, neuf chapitres devront être renégociés afin de rétablir un équilibre dans les relations commerciales entre les deux parties. Il a notamment critiqué le caractère déséquilibré de cet accord, qui ne prend pas en compte l’évolution de l’économie algérienne depuis son entrée en vigueur en 2005.
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Un accord d'association inadapté à l’économie algérienne actuelle
À l’époque de la signature de l’accord d'association, l’Algérie dépendait presque exclusivement des hydrocarbures pour ses exportations. Cependant, ces dernières années ont été marquées par une diversification significative de la production nationale, permettant au pays d’être compétitif dans plusieurs filières industrielles. Les exportations hors hydrocarbures ont ainsi grimpé de 1,5 milliard à 7 milliards de dollars en quatre ans, illustrant une dynamique économique encourageante.
Malgré cette progression, les exportateurs algériens rencontrent de nombreuses barrières sur le marché européen. L’UE impose des quotas restrictifs ou exclut certains produits algériens de ses listes de contingents. L’exemple de la pâte à tartiner El Mordjene, bloquée en Europe malgré sa qualité, illustre cette ségrégation. Cette situation a conduit l’Algérie à réduire drastiquement ses importations pour protéger une production nationale en pleine croissance.
🇩🇿🇪🇺 "Le rapport import-export est de 1 à 14 en faveur de l'Europe, c'est-à-dire que pour chaque 14 euros exportés vers l'Algérie, celle-ci n'exporte qu'un euro vers l'Union Européenne."
🗣️Gamal Abina, journaliste, sur l'accord d'association entre l'Algérie et l'Union… pic.twitter.com/KE3pLvGPtC
— LeLien (@LeLienofficiel) January 17, 2025
Vers un partenariat rééquilibré
Les développements récents montrent que l’Algérie a su imposer la nécessité d’amender l’accord. L’UE a finalement reconnu ce besoin, ouvrant la voie à des discussions qui pourraient rétablir une relation commerciale plus équilibrée. Tayeb Zitouni a indiqué que les prochaines rencontres avec les représentants européens prendront en compte l’évolution qualitative et quantitative des produits algériens. Ces discussions devront également mettre l’accent sur les aspects d’investissement et de transfert de savoir-faire, jugés essentiels pour dynamiser les relations économiques entre les deux parties.
Le ministre a affirmé que les négociations progressaient dans la bonne direction, portées par une Algérie déterminée à faire valoir ses atouts. Le marché algérien, avec ses capacités diversifiées et ses produits de qualité, n’a plus rien à envier à ceux d’autres pays. En attendant la finalisation des amendements, l’Algérie poursuit sa stratégie de protection de l’industrie locale tout en préparant le terrain pour un partenariat plus équitable avec l’UE.
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