L'Aide médicale d’État (AME) bientôt modifiée en France

Le ministre de l'Intérieur français, Bruno Retailleau, a réaffirmé sa volonté de modifier l’aide médicale d'État (AME), un dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière d'accéder à des soins en France. Cette réforme s'inscrit dans une ligne de fermeté assumée par le ministre, connu pour ses positions tranchées sur l'immigration et ses critiques récurrentes, notamment envers l'Algérie. 

Créée pour garantir un accès minimal aux soins des personnes en situation irrégulière en France, l'aide médicale d'État (AME) est régulièrement dénoncée par la droite et l’extrême droite comme un facteur favorisant l'immigration illégale. Invité dimanche 19 janvier par la chaîne BFMTV, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau a assuré que le gouvernement Bayrou allait modifier l'aide médicale d’État (AME).

« On y touchera » a affirmé Retailleau. « C'est un sujet du PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) », a-t-il précisé. Pour le très droitier ministre de l’Intérieur, l’AME constituerait « un encouragement à la clandestinité ». Il a affirmé : « Je ne veux pas que la France soit plus généreuse que les autres pays européens, sinon les filières de passeurs orienteront les flux vers notre pays. Ma stratégie est simple : se situer dans la moyenne basse des pays européens ».

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Retailleau veut recentrer l'AME sur une « aide d'urgence »

Le ministre de l’Intérieur propose de recentrer l'AME sur « une  aide d'urgence », en excluant les soins non vitaux, afin de réduire les coûts et d'envoyer un signal dissuasif aux candidats à l'immigration clandestine. Cette proposition s'appuie sur un rapport publié en 2023 par l'ancien ministre PS Claude Evin et le préfet Patrick Stefanini, figure de LR, qui souligne les limites du dispositif actuel.

Ce document, bien qu'il rappelle l'utilité sanitaire de l'AME, évoque aussi les coûts croissants de ce système. Bruno Retailleau, a mis davantage l'accent cependant sur les conclusions dénonçant une « attractivité migratoire » liée à l'AME. « Nous devons nous situer dans la moyenne basse des systèmes européens », a-t-il insisté, en appelant à une gestion plus rigoureuse.

Sur le plan budgétaire, le Sénat a déjà réduit de 200 millions d'euros le financement de l'AME en 2025, ramenant son enveloppe à 1,1 milliard d'euros. Une décision appuyée par le gouvernement, mais réfléchie par le Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (Covars), qui estime que « restreindre l'accès aux soins pour les étrangers met en péril la santé individuelle et collective ».

La réforme de l’AME s’inscrit dans une vision plus large de l'immigration

Les déclarations Bruno Retailleau s'inscrivent dans une politique plus globale de renforcement des règles migratoires. Lors de cette même interview avec BFM TV, il a relancé le débat sur le droit du sol, notamment à Mayotte, où il propose de restreindre encore davantage l'attribution de la nationalité française. « Il ne doit pas y avoir d'automaticité, mais un acte volontaire », a-t-il affirmé, en référence au régime en vigueur avant les réformes socialistes des années 1990.

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Les propositions de Bruno Retailleau, bien qu'appuyées par la droite et l'extrême droite, divisent l'opinion publique et les partis politiques en France. La gauche et certaines associations humanitaires dénoncent une réforme qui risque de fragiliser les populations les plus vulnérables, tout en accentuant les inégalités dans l'accès aux soins. À l'inverse, les partisans de cette réforme estiment qu'elle enverra un signal fort face à l'immigration clandestine.


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