Aide médicale d'État : ce qui va changer en 2025

La Commission mixte paritaire (CMP), réunissant sept députés et sept sénateurs, a validé une réduction de 111 millions d’euros du budget alloué à l’Aide médicale d'État (AME). Ce dispositif, destiné à couvrir les frais médicaux des étrangers en situation irrégulière sous certaines conditions de ressources, bénéficiera donc d’un budget de 1,2 milliard d’euros en 2025.

La droite sénatoriale plaidait pour une réduction plus drastique, de 200 millions d’euros, tandis que les socialistes espéraient maintenir l’augmentation initialement prévue dans le projet de loi de finances. Finalement, c’est la proposition du député David Amiel (Renaissance), soutenue par les élus du Parti socialiste, qui a été adoptée, empêchant ainsi une coupe plus sévère.

Pas de modifications des conditions d'accès à l'Aide médicale d'Etat

Outre l’aspect financier, la CMP a également tranché sur une proposition du Sénat visant à durcir les critères d’accès à l’Aide médicale d'Etat. L’amendement supprimé prévoyait de conditionner la prise en charge des soins jugés « non urgents » à un accord préalable de l’Assurance maladie, ce qui aurait restreint l’accès à certains traitements pour les bénéficiaires.

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Les parlementaires socialistes et macronistes se sont opposés à cette mesure, dénonçant un risque de complexification des démarches médicales et une possible dégradation de la santé publique en raison de soins retardés. Avec cette décision, les critères d’éligibilité à l’AME restent donc identiques.

Un compromis qui divise la classe politique

Cette réduction budgétaire et le maintien des critères d’accès ont suscité des réactions contrastées au sein de l’Assemblée nationale et du Sénat. Pour Patrick Kanner, chef de file des sénateurs socialistes, ce compromis est « une victoire », car il empêche un durcissement des conditions d’accès à l'Aide médicale d'Etat.

À l’inverse, la droite et le Rassemblement national dénoncent un manque de fermeté sur la question de l’immigration et du financement de la santé. Jean-Philippe Tanguy (RN) a critiqué un recul de la majorité sur la maîtrise des dépenses publiques, estimant que la réduction budgétaire restait insuffisante.

Du côté de la France insoumise, l’abaissement du budget est perçu comme une concession à la droite. Le député Aurélien Le Coq a ainsi fustigé une décision allant « dans le sens de l’extrême droite », dénonçant un risque accru de précarisation pour les populations concernées.

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Une décision aux implications sanitaires et sociales

Ce compromis met en lumière les tensions récurrentes autour de l’AME, régulièrement critiquée par certains élus pour son coût et son impact sur les finances publiques, tandis que d’autres défendent son rôle essentiel dans la prise en charge des populations vulnérables.

Si le dispositif est préservé dans son fonctionnement, la baisse de son budget pourrait, à terme, affecter la qualité et l’accessibilité des soins. La question de l’AME reste donc un enjeu central dans les débats sur l’immigration et la politique de santé en France.


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