Aide au développement à l’Algérie : l’ambassade de France publie les chiffres

L’ambassade de France en Algérie a communiqué les chiffres de l’aide publique au développement (APD) accordée à l’Algérie. Contrairement à certaines déclarations relayées dans le débat public, les montants engagés sont bien inférieurs aux estimations avancées par certaines figures politiques françaises.

Selon les données officielles publiées par l'ambassade de France à Alger, l’aide publique au développement (APD) engagée par la France en faveur de l’Algérie pour l’année 2022 s’élève à 132 millions d’euros. Ces chiffres, confirmés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), sont bien en deçà des 800 millions d’euros annuels avancés par certains responsables politiques français.

L’ambassade de France a précisé dans son communiqué, que cette aide de 132 millions d'euros n’est pas versée directement à l’État algérien, mais qu’elle est allouée à des secteurs spécifiques sous forme de financements destinés principalement à l’éducation, à la coopération scientifique et aux projets de développement.

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Une répartition détaillée des fonds

L’analyse des allocations budgétaires montre une répartition ciblée des 132 millions d’euros:

  • 121 millions d’euros sont destinés au ministère français de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Cette somme finance principalement les bourses des étudiants algériens poursuivant leurs études en France.
  • 8,5 millions d’euros sont attribués au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour financer des bourses scientifiques ainsi que des programmes de coopération menés par l’Institut français d’Algérie et l’ambassade de France.
  • 1,5 million d’euros sont alloués à l’Agence française de développement (AFD), qui accompagne des projets algériens en lien avec le développement économique.
  • 0,28 million d’euros sont affectés au ministère de l’Intérieur, notamment pour soutenir certaines actions des collectivités territoriales et de l’Office français d’immigration et d’intégration (OFII).

Une clarification face aux polémiques

Cette communication officielle de l'ambassade de France en Algérie intervient après des déclarations controversées de certaines figures politiques françaises. En septembre dernier, Sarah Knafo, eurodéputée du parti d’extrême droite d’Éric Zemmour, avait affirmé que l’Algérie recevait 800 millions d’euros par an de la France en aide au développement. Une enquête menée par certains médias, dont TF1, a révélé que ce chiffre correspondait en réalité à une période de cinq ans et non à une seule année.

Face à ces affirmations jugées erronées, l’Algérie avait déposé une plainte en France pour diffusion de fausses informations. Le parquet de Paris a finalement classé l’affaire sans suite, tout en reconnaissant que l’information relayée n’avait pas été suffisamment vérifiée.

L’Algérie rejette l’idée d’une dépendance financière

Dans un entretien accordé dimanche 2 février 2025 au journal français L’Opinion, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a réagi à cette polémique en affirmant que l’Algérie n’a pas besoin de cette aide.

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« Cela relève d’une profonde méconnaissance de l’Algérie. C’est de l’ordre de 20 à 30 millions d’euros par an. Le budget de l’État algérien est de 130 milliards de dollars et nous n’avons pas de dette extérieure », a déclaré le chef de l’État.

Cette prise de position s’inscrit dans une volonté de réaffirmation de la souveraineté économique de l’Algérie, qui a récemment adopté des mesures pour réduire sa dépendance aux financements extérieurs.

Une aide concentrée sur la coopération éducative et scientifique

Contrairement à certaines idées reçues, l’APD française en Algérie ne représente qu’une infime part des finances publiques du pays. Elle est avant tout destinée à des programmes éducatifs et de coopération universitaire, facilitant les échanges entre les deux pays.

Le débat autour de cette aide reflète des enjeux politiques et diplomatiques plus larges, alors que les relations franco-algériennes restent marquées par des tensions récurrentes sur des sujets tels que l’immigration, la mémoire coloniale et la coopération économique.

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