Sonelgaz s'apprête à fabriquer ses propres turbines à gaz

Le groupe Sonelgaz explore la possibilité de fabriquer localement des turbines à gaz de petite taille en partenariat avec Baker Hughes. Cette initiative vise à réduire la dépendance aux importations, à développer l’industrie nationale et à positionner l’Algérie sur le marché africain des équipements énergétiques.

Un projet industriel stratégique

Lors de la 25e assemblée annuelle de Baker Hughes tenue en février à Florence, les dirigeants de Sonelgaz et Sonatrach ont rencontré des acteurs clés du secteur énergétique. À cette occasion, Mourad Adjal, PDG de Sonelgaz, et Lorenzo Simonelli, PDG de Baker Hughes, ont discuté d’un projet de fabrication locale de turbines à gaz.

Sonelgaz cherche à intégrer davantage de production locale pour améliorer son autonomie industrielle. Actuellement, l’entreprise dépend largement d’équipements importés, notamment pour ses centrales électriques. Produire des turbines à gaz sur le sol algérien permettrait de réduire les coûts, sécuriser l’approvisionnement et favoriser l’essor du tissu industriel national.

Économie Hydrocarbures : l’Algérie mobilise 71,6 milliards de dollars pour augmenter sa production

Pourquoi produire des turbines à gaz en Algérie ?

Les turbines à gaz sont des équipements essentiels pour la production d’électricité et l’alimentation des réseaux énergétiques. Elles fonctionnent grâce à un mélange d’air comprimé et de gaz combustible, générant de l’énergie mécanique transformée en électricité via un alternateur.

En fabriquant ces turbines en Algérie, Sonelgaz pourrait :

  • Diminuer les importations, qui pèsent sur la balance commerciale du pays.
  • Améliorer la maintenance et la durabilité des équipements grâce à une production locale.
  • Créer de l’emploi et développer des compétences techniques dans le secteur énergétique.
  • Réduire les délais de livraison et d’installation des nouvelles infrastructures électriques.

Le projet inclut aussi le transfert de technologie et la formation des ingénieurs algériens en partenariat avec Baker Hughes, déjà impliqué en Algérie via ses filiales Algesco et APEC.

Un levier pour le développement régional

L’Algérie ne vise pas seulement une autonomie énergétique, mais aussi une expansion vers les marchés africains. De nombreux pays du continent cherchent à augmenter leur production d’électricité, et la demande en turbines à gaz fiables et abordables est en forte croissance.

Économie Marché noir en Algérie : l’euro et le dollar reculent, voici les nouveaux prix

Sonelgaz pourrait ainsi exporter ses futures turbines fabriquées en Algérie, renforçant ainsi son influence régionale et sa compétitivité sur le marché africain.

Un partenariat avec Baker Hughes pour accélérer le projet

Baker Hughes est un acteur majeur de la fabrication d’équipements énergétiques et collabore déjà avec Sonatrach sur plusieurs projets industriels. L’entreprise apporte son expertise en conception et en maintenance des turbines à gaz.

Sonelgaz et Baker Hughes envisagent de créer une chaîne de production locale, permettant d’atteindre un taux d’intégration de 30 % d’ici 2028. Cette approche repose sur :

  • L’installation d’usines de fabrication de pièces détachées en Algérie.
  • Le développement d’un réseau de fournisseurs locaux pour assurer l’assemblage et la maintenance.
  • La formation de techniciens et d’ingénieurs algériens pour garantir l’autonomie opérationnelle du projet.

Vers une nouvelle ère industrielle pour l’Algérie

Avec ce projet, Sonelgaz ambitionne de positionner l’Algérie comme un acteur clé dans la fabrication de turbines à gaz. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenaires industriels, après une collaboration réussie avec General Electric (GE) dans le secteur des turbines.

Économie Gaz algérien : les exportations vers l’Europe progressent en 2026

La réussite de ce projet pourrait marquer un tournant dans l’industrie énergétique algérienne, en consolidant sa souveraineté technologique, en favorisant l’industrialisation locale et en ouvrant des perspectives d’exportation sur le marché africain.


Vous aimez cet article ? Partagez !