Une rupture de jeûne en plein match suscite une vive polémique en France

Le match de Ligue 1 entre Angers et Monaco, disputé samedi 16 mars 2025, a été marqué par un événement rare dans le football français. Lors de la 13e minute, plusieurs joueurs musulmans ont profité d’un arrêt de jeu pour rompre leur jeûne du ramadan. Cette séquence a immédiatement suscité une polémique en France, mettant en lumière les tensions récurrentes autour de la laïcité dans le sport.

Si cette pratique est courante dans des championnats étrangers comme la Premier League anglaise ou la Bundesliga allemande, elle reste un sujet sensible dans l’Hexagone. La Fédération française de football interdit officiellement les pauses pour motif religieux, une position qui a ravivé les tensions après cette rencontre.

Un arrêt de jeu opportuniste ou planifié

D’après le diffuseur DAZN, les team managers des deux équipes avaient anticipé cette situation et demandé l’aval du délégué du match pour permettre aux joueurs musulmans de se ravitailler en cas d’interruption du jeu. Un accord aurait été donné, mais l’arbitre central, Willy Delajod, aurait refusé toute pause spécifique pour la rupture du jeûne.

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L’occasion s’est toutefois présentée naturellement lorsque le milieu angevin Himad Abdelli est resté au sol à la 13e minute, entraînant une interruption de plusieurs dizaines de secondes. Ses coéquipiers Zinedine Ferhat, Carlens Arcus, Yassin Belkhdim ainsi que le Monégasque Moatasem Al-Musrati en ont profité pour boire et manger rapidement sur le bord du terrain.

Cette situation a immédiatement fait réagir, certains voyant dans cette pause une manière détournée de contourner l’interdiction formelle de la Fédération française de football.

La fédération française de football maintient son opposition aux interruptions religieuses

La Fédération française de football rappelle chaque année son opposition aux arrêts de match motivés par des raisons religieuses. Elle s’appuie sur l’article 1.1 de ses statuts, qui proscrit toute manifestation politique, idéologique ou religieuse sur les terrains.

Contrairement à l’Angleterre et l’Allemagne, où ces interruptions sont tolérées, la Fédération française de football estime que la laïcité doit primer sur toute autre considération dans les compétitions professionnelles. Dans ce contexte, elle considère que la pause observée lors d’Angers-Monaco ne correspond pas à une évolution de sa réglementation.

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Une réaction politique immédiate

L’affaire a rapidement dépassé le cadre sportif. Plusieurs personnalités politiques, notamment issues de la droite et de l’extrême-droite, ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme un manquement au principe de laïcité.

Laurent Wauquiez, chef des députés Les Républicains, a qualifié cette pause de "inacceptable", appelant la ministre des Sports Marie Barsacq à faire respecter la neutralité dans le football. De son côté, le député européen François-Xavier Bellamy a estimé qu’il s’agissait d’une "rupture avec les valeurs françaises", dénonçant un risque d’entrisme religieux dans le sport.

Le Rassemblement national a également pris position, exigeant de la Fédération française de football qu’elle veille à l’application stricte de son règlement. Une lettre a été adressée à la fédération pour obtenir des clarifications sur cette séquence.

Un nouveau débat stérile en France

Ce n’est pas la première fois qu’un tel événement se produit en Ligue 1. Début mars, lors de la 24e journée, une situation similaire avait eu lieu durant un ASSE-Nice, où des joueurs avaient profité d’un arrêt de jeu à la 77e minute pour se désaltérer.

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Si la Fédération française de football campe sur ses positions, la question pourrait revenir sur la table, notamment sous la pression de certains clubs et joueurs qui militent pour une plus grande flexibilité. À l’international, plusieurs championnats ont déjà fait évoluer leur réglementation en intégrant ces réalités religieuses.

L’incident d’Angers-Monaco relance donc le débat sur la place du religieux dans le sport professionnel français. Entre respect du règlement et adaptation aux réalités des joueurs, le football hexagonal se trouve une nouvelle fois face à une question de société qui dépasse largement le cadre du jeu.


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