Le tribunal de Dar El Beida (Alger) a rendu son verdict ce jeudi 27 mars dans le procès de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné à 5 ans de prison ferme et une amende de 500 000 dinars pour des accusations liées à la "mise en péril de l’unité territoriale" de l’Algérie.
Arrêté le 16 novembre 2024 à l’aéroport d’Alger à son retour de Paris, Boualem Sansal, romancier de 76 ans, était poursuivi pour des déclarations faites lors d’un entretien accordé au média français d’extrême droite Frontières. Dans cet entretien, Boualem Sansal avait déclaré que des parties de l'ouest de l'Algérie appartiendraient historiquement au Maroc.
Ce propos a immédiatement soulevé une vive réaction au sein du gouvernement algérien, qui a estimé qu'il s'agissait d'une atteinte à l’unité territoriale du pays. Son procès, tenu le 20 mars, s’est déroulé en l’absence d’un avocat, Sansal ayant choisi de se défendre lui-même.
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Le procureur de la République près le tribunal de Dar El Beida a requis 10 ans de prison et 1 million de de dinars d’amende contre Boualem Sansal pour « atteinte à l’intégrité du territoire national », « Outrage à corps constitué », « Pratiques de nature à nuire à l’économie nationale et détention de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité du pays ».
Après délibérations, le tribunal a prononcé ce jeudi 27 mars une peine de cinq ans de réclusion ferme et une amende de 500.000 dinars algériens, soit environ 3.500 euros, selon El Khabar.
Boualem Sansal : une affaire complexe au cœur des relations franco-algériennes
Cette affaire a envenimé les tensions déjà vives entre l’Algérie et la France, exacerbées depuis l’été 2024 par le soutien de Paris au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. Cet alignement de la France sur les thèses marocaines concernant ce conflit a provoqué la colère d’Alger qui a rappelé son ambassadeur à Paris.
L’implication de personnalités françaises dans l’affaire Boualem Sansal a été perçue comme une ingérence par Alger. En janvier, le président Emanuel Macron avait déclaré que cette affaire "ne faisait pas honneur à l’Algérie", appelant à la libération de l’écrivain.
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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a laissé entendre que ce dossier cachait des dimensions plus complexes. Dans un entretien au journal français L’Opinion en février, il a déclaré : "Cette affaire vise à recruter contre l’Algérie." Sans préciser davantage, il a suggéré que des acteurs extérieurs manipulaient le cas Sansal à des fins politiques.
