Tebboune prononce des mots durs à l'égard de Boualem Sansal

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé pour la première fois sur l’affaire Boualem Sansal lors d’un discours au Parlement le 29 décembre 2024. Cette affaire, qui a récemment cristallisé les tensions entre Alger et Paris, a beaucoup fait réagir la droite hostile à l'Algérie, y compris celle de l'extrême.

Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, a été arrêté le 16 novembre 2024 à son retour en Algérie. Cette arrestation fait suite à des déclarations publiées dans un média français d'extrême-droite, où il affirmait que l’ouest de l’Algérie appartenait historiquement au Maroc. Ces propos ont suscité l'indignation du peuple et des autorités de l'Algérie, qui l'ont accusé d'atteinte à la sûreté de l'État et à l’intégrité territoriale.

L'arrestation de Sansal motivée par de graves propos

Dans son discours, Tebboune a qualifié Sansal d’« imposteur », critiquant ses prises de position qu’il estime nuisibles à l’identité nationale algérienne.

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"Je me considère comme le fils de Cheikh Amoud (Chef Touareg ayant résisté à l'occupation française de 1905 à 1920, ndlr), le fils de Mostefa Ben Boulaïd... le fils des Martyrs. Aujourd'hui, tu m'envoies un voleur sans identité, qui ne connaît pas son père pour dire que la moitié de l’Algérie appartient à tel ou tel autre Etat", a en effet chargé le Chef de l'Etat algérien dans un discours virulent.

 

Des propos durs du président Tebboune

L’affaire Sansal s'inscrit dans un contexte déjà tendu entre l’Algérie et la France. La crise diplomatique s’est intensifiée depuis que le président français Emmanuel Macron a, en juillet dernier, adressé une lettre au roi du Maroc reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

La pression que la droite et l'extrême droite ont exercé sur Macron aura porté ses fruits et en réponse, l’Algérie a rappelé son ambassadeur à Paris et n’a toujours pas nommé de remplaçant. Les déclarations de Tebboune sur Sansal ne manquent pas d’ajouter à cette atmosphère conflictuelle.

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Une affaire au cœur des tensions algéro-françaises

Actuellement incarcéré à la prison de Koléa, Boualem Sansal a été transféré au pavillon carcéral de l’hôpital Mustapha-Bacha en raison de son état de santé. Âgé de 75 ans, l'écrivain aurait vu sa demande de remise en liberté provisoire rejetée par la chambre d’accusation de la Cour d’Alger, selon son avocat François Zimeray.

Cette situation humanitaire ajoute une dimension sensible à une affaire déjà hautement politisée, suscitant des réactions contrastées dans les milieux littéraires et politiques internationaux.

L’affaire Boualem Sansal dépasse largement le cadre individuel pour devenir un symbole des tensions persistantes entre l’Algérie et la France, ainsi que des débats internes sur la mémoire et l'identité nationale. Si Tebboune a pris une position ferme, cette affaire pourrait également cristalliser un débat plus large sur les libertés d'expression et les rapports de force diplomatiques.


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