Algérie : voici le coût faramineux de l’allocation touristique de 750 euros

L’allocation touristique de 750 euros, promise par les autorités algériennes et dont le versement devrait commencer avant l’été 2025, représente un coût considérable pour les finances publiques. Selon les estimations d’un expert financier, cette mesure pourrait coûter à l’État jusqu’à 4 milliards de dollars par an, soit une charge supplémentaire importante dans un contexte de baisse des revenus pétroliers.

Annoncée lors d’un Conseil des ministres en décembre 2024, cette allocation vise à soulager les voyageurs algériens en leur offrant un accès facilité aux devises. Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzerd, a confirmé que les banques finalisaient les procédures pour une mise en œuvre rapide. Cependant, cette généreuse mesure a un prix : avec un prix du baril de pétrole autour de 70 dollars, les réserves de change pourraient être sérieusement mises à l’épreuve.

Contrairement à ce que certains pourraient penser, cette allocation ne devrait pas faire baisser significativement les cours du marché noir de la devise. Depuis son annonce, le dinar n’a pas connu de fluctuations majeures sur le square Port Saïd, principal lieu d’échange informel.

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Allocation touristique de 750 euros : un impact limité sur le marché parallèle des devises

Pour l’expert financier Mahfoud Kaoubi, cette mesure soulagera surtout la classe moyenne, mais ne résoudra pas le problème structurel du marché parallèle. « La demande en devises ne vient pas uniquement des touristes », explique-t-il au journal Horizons. « Les importateurs de pièces détachées, les acheteurs de véhicules et d’autres opérateurs continueront de recourir au marché informel en raison des lourdeurs administratives » ajoute-t-il.

Pour véritablement réduire l’emprise du marché parallèle, l’expert plaide pour un système de change à deux vitesses, combinant un taux officiel et un taux plus flexible, reflétant mieux l’offre et la demande. « Le problème n’est pas seulement la demande, mais aussi l’offre insuffisante en devises », souligne-t-il.

Vers une réforme plus large du marché des changes

Une libéralisation totale du marché des changes pourrait toutefois s’avérer risquée, car elle entraînerait une pression énorme sur les réserves de change, déjà affectées par la chute des revenus pétroliers. La solution, selon Kaoubi, passe par une refonte globale du système, permettant aux citoyens et aux entreprises d’accéder aux devises sans dépendre du marché noir.

Si l’allocation touristique de 750 euros est une bonne nouvelle pour les voyageurs, son coût élevé et son impact limité sur le marché informel posent question. Les autorités devront trouver un équilibre entre satisfaction des besoins des citoyens et préservation des réserves de change, tout en envisageant des réformes plus profondes pour encadrer durablement le marché des devises.

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