Le groupe français CMA CGM, acteur majeur du transport maritime international, a récemment vu l'un de ses projets d'investissement de plusieurs milliards d’euros en Algérie annulé, dans un contexte marqué par des tensions diplomatiques croissantes entre l'Algérie et la France. L'annulation, survenue en raison de mesures prises par les autorités françaises, met en lumière les difficultés que rencontrent certaines initiatives économiques entre les deux pays, malgré les efforts pour améliorer les relations bilatérales.
Le Conseil du Renouveau économique algérien (CREA) a annoncé ce mardi 15 avril 2025, l'annulation de sa visite prévue en France, ainsi que d'une rencontre importante avec le Mouvement des entreprises de France (MEDEF). Cette décision survient après que les autorités françaises ont déconseillé fortement à un dirigeant d'une entreprise française de transport maritime de se rendre en Algérie pour concrétiser un projet d'investissement.
Dans son communiqué, le CREA déplore l'attitude des autorités françaises, soulignant « l’incohérence entre les déclarations officielles de normalisation des relations et les actions qui entravent les investissements privés en Algérie ». Le CREA souligne également que « les mesures prises par la France vont à l'encontre des efforts de réciprocité et de respect mutuel qu'il appelle de ses vœux pour développer des partenariats internationaux ».
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Un projet stratégique pour CMA CGM
L’un des projets concernés par cette annulation était un investissement d’envergure que le groupe maritime français CMA CGM comptait lancer en Algérie. Le géant du transport maritime avait prévu de construire des infrastructures portuaires modernes dans le pays, avec un accent particulier sur le port d’Oran, qui représente un carrefour stratégique entre l’Europe et l’Afrique. Selon le journal El Watan, le groupe français visait à prendre la gestion complète d’un terminal dans ce port, avec l’ambition de renforcer son réseau logistique et d'augmenter ses investissements dans la région.
CMA CGM, déjà présent dans neuf ports algériens, notamment Alger, Béjaïa, Annaba, Skikda et Ghazaouet, souhaitait franchir une nouvelle étape en Algérie. Le projet prévoyait notamment la création de terminaux à conteneurs modernes et de nouvelles infrastructures pour favoriser le transport maritime. Il était également question de lancer une ligne maritime directe entre Marseille et Oran, opérée par la filiale de CMA CGM, La Méridionale. Un investissement qui aurait permis la création de plus de 2000 emplois directs dans la région.
Le contexte diplomatique difficile
L’annulation de cette visite et de ces investissements survient dans un contexte tendu entre l'Algérie et la France. Les relations diplomatiques ont été mises à l'épreuve après l'arrestation en France de trois citoyens algériens, dont un employé du consulat algérien. Bien que la situation ait connu une accalmie relative après la visite la semaine dernière à Alger du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, cet incident a ravivé des tensions anciennes.
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Cette situation a aussi un impact direct sur les investissements économiques entre les deux nations. L'Algérie, malgré ses efforts pour attirer les investisseurs étrangers et moderniser son secteur portuaire, se retrouve confrontée à des obstacles imprévus dans le cadre de ses relations avec la France.
