Fini l'avantage fiscal pour les retraités français : combien allez-vous perdre ?

La suppression de l'abattement fiscal de 10 % pour les retraités est désormais sur la table du gouvernement français. En quête d'économies, l'exécutif envisage sérieusement de mettre fin à cet avantage fiscal instauré en 1978, une décision qui pourrait coûter cher à de nombreux foyers, notamment ceux aux pensions modestes. Le débat est lancé : qui sera touché et dans quelle mesure ?

Créé pour éviter aux retraités de subir une hausse brutale de leur impôt sur le revenu après leur départ de la vie active, l'abattement de 10 % permet actuellement de réduire leur revenu imposable, dans la limite de 4399 euros par foyer. Sa disparition augmenterait mécaniquement leur revenu fiscal de référence (RFR), impactant ainsi leur taux d’imposition et d’éventuelles exonérations.

Selon le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), le gouvernement pourrait récupérer près de 5 milliards d'euros en supprimant cette niche fiscale. Mais pour les retraités, l'addition pourrait vite devenir lourde.

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Exemples concrets d'impact sur les pensions

Pour illustrer cette évolution, un retraité percevant une pension mensuelle de 1580 euros, soit 18'960 euros par an, actuellement non imposable grâce à l'abattement et au mécanisme de la décote, devrait s'acquitter d'environ 304 euros d'impôt en 2026 si la mesure est adoptée. De leur côté, les foyers plus aisés pourraient voir leur facture fiscale bondir de 1050 euros par an.

La réforme frapperait principalement les retraités aux revenus modestes et moyens, ceux qui, jusqu'ici, bénéficiaient de l’exonération ou de la taxation à faible taux. En supprimant l'abattement, de nombreux foyers actuellement exonérés d'impôt basculeraient dans la première tranche imposable de 11 %.

Répercussions au-delà de l'impôt sur le revenu

La fin de l’abattement fiscal aurait également des conséquences sur d’autres prélèvements. Le taux de Contribution Sociale Généralisée (CSG), calculé selon le RFR, pourrait augmenter pour certains retraités. Par effet de seuil, un pensionné soumis aujourd'hui au taux médian de 6,6 % pourrait passer au taux normal de 8,3 %, réduisant davantage son revenu disponible.

L'avocat fiscaliste Olivier Janoray souligne que cette évolution est logique dans le contexte actuel. Il rappelle que le système de prélèvement à la source a largement changé la manière dont les impôts sont collectés, rendant cet ancien mécanisme de protection moins pertinent aujourd'hui.

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Une réforme plus large des niches fiscales ?

Au-delà des retraités, la question de l'efficacité d'autres abattements fiscaux se pose. Selon Janoray, la suppression de l'abattement de 10 % pourrait entraîner une réflexion globale sur l’ensemble des déductions, notamment celles concernant les salariés et les journalistes. Il évoque la possibilité de revoir le barème de l'impôt pour introduire une entrée dans l'imposition plus équitable pour tous les contribuables.

Le projet pourrait être discuté dans la loi de finances pour 2026, à l’automne prochain. Pour de nombreux retraités, la vigilance sera de mise dans les mois à venir, car l'impact sur leur pouvoir d'achat pourrait être significatif.


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