Le financement des retraites en France est devenu un sujet de plus en plus préoccupant. Alors que la question des réformes du système de retraite est au cœur du débat public, de nombreux économistes et acteurs politiques s’accordent à dire que les pensions élevées risquent de ne plus être soutenables à long terme.
En raison du vieillissement de la population et du déséquilibre croissant entre cotisants et retraités, certaines pensions sont désormais menacées. C'est ce que tente d'expliquer dans un entretien au média L'Express, Erwann Tison, un économiste chargé d'enseignements à l'université de Strasbourg,
Un système sous pression
Le système de retraite par répartition en France, qui repose sur les cotisations des actifs pour financer les pensions, est à un tournant. Aujourd'hui, les retraites représentent environ un quart du budget de l'État, soit près de 400 milliards d'euros par an. Pourtant, ce financement est mis à mal par un déséquilibre démographique important. À partir de 2030, la population active devrait diminuer de 35'000 personnes chaque année, tandis que le nombre de retraités ne cessera d'augmenter. Cela entraînera une réduction du ratio entre cotisants et retraités, passant à 1,3. Concrètement, cela signifie qu’il faudra prélever des sommes de plus en plus élevées sur les revenus des actifs pour financer les retraites, une équation de plus en plus difficile à résoudre.
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Ce déséquilibre financier pourrait mener à une baisse des pensions, notamment pour ceux ayant des carrières courtes ou des pensions relativement élevées par rapport aux cotisations versées. Les estimations de la Cour des comptes soulignent un déficit de 110 milliards d'euros entre les cotisations versées et les pensions distribuées. Certains retraités, notamment ceux ayant commencé leur carrière dans les années 1960, ont cotisé à des taux bien plus faibles que ceux d’aujourd'hui, mais continuent de percevoir des pensions supérieures à celles des générations actuelles. Une telle situation semble de moins en moins soutenable.
Au lendemain des mobilisations sociales du 1er mai, l'économiste @Erwann_TISON rappelle que la France n'échappera pas à une réforme ambitieuse de son système de retraites... et à une réduction des pensions. ➡️ https://t.co/FXdBvxn8Lh
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— L'Express (@LEXPRESS) May 2, 2025
Réformes nécessaires : réduire les inégalités
Face à ce constat, l’économiste Erwann Tison plaide pour une réforme en profondeur du système de retraite. Selon lui, la France devra se tourner vers un modèle plus équitable, en répartissant les efforts entre actifs et pensionnés. Il propose de réduire les pensions les plus élevées et de supprimer certains avantages fiscaux comme l’abattement de 10 %. Une autre piste avancée est celle de la capitalisation collective, qui permettrait de compléter les pensions par un fonds d’investissement à long terme.
Les propositions de la CGT pour abroger la réforme des retraites de 2023 et revenir à l’âge de départ à 60 ans s’inscrivent dans un contexte difficile. Bien que cette solution puisse sembler populaire, elle n’est pas viable à long terme sans un ajustement majeur des cotisations ou des pensions. Dans ce contexte, la question de la réduction des pensions devient inévitable si le système doit rester viable et équilibré sur le long terme.
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