Que risque réellement l’Algérie avec les nouvelles règles américaines ?

Les nouvelles mesures protectionnistes envisagées par l'administration américaine, via une hausse de droits de douanes, pourraient sérieusement affecter l'économie algérienne. Une analyse approfondie révèle des risques majeurs pour les exportations nationales, particulièrement dans le secteur stratégique des hydrocarbures.

Selon une étude récente du Cercle d'action et de réflexion autour de l'entreprise (CARE), les hydrocarbures représentaient 82% des exportations algériennes vers les États-Unis en 2024. Le document, signé par l'économiste Mouloud Hedir, alerte sur les conséquences potentielles d'un droit de douane américain de 30% qui devrait s'appliquer dès juillet 2025 aux produits algériens hors hydrocarbures.

Au-delà des hydrocarbures, plusieurs filières industrielles algériennes pourraient subir de plein fouet ces nouvelles mesures. Les exportations d'engrais, de ciments et d'aciers - qui représentent l'essentiel des 18% restants des ventes algériennes aux États-Unis - seraient particulièrement vulnérables. Le CARE estime qu'une chute sévère des exportations hors hydrocarbures est "très vraisemblable" si les tarifs douaniers réciproques sont effectivement appliqués comme prévu. Ces produits, déjà soumis à une concurrence internationale féroce, verraient leur compétitivité encore réduite.

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Anticiper les impacts sur les relations commerciales algéro-américaines

L'analyse du CARE met en lumière comment ces mesures tarifaires américaines, par leur "ampleur" et leur "brutalité", contribuent à une désorganisation profonde des chaînes d'approvisionnement mondiales. Cette situation a déjà des répercussions sur les prix du pétrole, avec des conséquences potentielles pour l'Algérie dont l'économie dépend à plus de 90% des exportations d'hydrocarbures.

Mouloud Hedir souligne que le risque majeur réside dans "une évolution défavorable du marché pétrolier mondial", qui affecterait les exportations algériennes bien au-delà du seul marché américain. Face à cette crise annoncée, le CARE propose plusieurs mesures d'urgence. L'organisation recommande la mise en place immédiate d'un mécanisme de veille stratégique pour anticiper les impacts sur les relations commerciales bilatérales.

Le CARE suggère également d'explorer les voies diplomatiques, notamment via l'Union africaine, pour engager un dialogue collectif avec les autorités américaines. Le moratoire de trois mois doit, selon les experts, être utilisé à bon escient pour préparer les entreprises exportatrices à ce nouveau contexte compétitif. Comme le conclut la note du CARE, "l'impact est à prendre au sérieux, aussi bien dans l'immédiat que dans la durée".


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