L’Algérie, souvent perçue comme une économie dépendante des hydrocarbures, diversifie progressivement ses exportations. Les dernières données officielles révèlent une mutation progressive de la structure des exportations nationales, avec l'émergence de plusieurs produits phares dans des secteurs variés.
Selon un récent rapport de l’Office National des Statistiques (ONS) cité par le journal arabophone El Khabar, 15 produits non pétroliers ont émergé comme piliers des exportations de l’Algérie en 2023, couvrant des secteurs variés tels que l’industrie, l’agriculture et la chimie. Ces produits ont généré près de 663,7 milliards de dinars algériens (4,92 milliards de dollars), avec un volume total dépassant 19,6 millions de tonnes.
Les trois piliers des exportations non pétrolières
Les engrais azotés se positionnent comme le produit phare des exportations hors hydrocarbures avec 168,1 milliards de dinars (1,25 milliard de dollars). Bien que leur volume (3,53 millions de tonnes) soit inférieur à d’autres produits comme le clinker, leur valeur élevée s’explique par leur rôle crucial dans l’agriculture mondiale. L’Algérie exporte principalement vers l’Afrique et l’Europe, répondant à une demande constante en intrants agricoles.
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Le clinker, produit intermédiaire dans la fabrication du ciment Portland, représente 101,5 milliards de dinars (753 millions de dollars) pour 9,74 millions de tonnes exportées. Exporté brut pour être broyé dans les pays importateurs, il illustre la capacité industrielle algérienne dans le BTP. Sa position dominante en volume (près de 50% du total des 15 produits) souligne l’importance du secteur cimentier.
Les solvants pétroliers (naphta) complètent ce trio de tête avec 91,6 milliards de dinars (678 millions de dollars) pour 931 913 tonnes. Utilisé dans la pétrochimie, ce produit affiche un prix moyen élevé de 728 dollars/tonne, confirmant la diversification des sous-produits énergétiques algériens.
Produits industriels et agricoles en forte progression
Les barres en fer et acier, destinées à la construction, ont rapporté 64,3 milliards de dinars (477 millions de dollars) pour 798 152 tonnes. Représentant 7,5% des exportations non pétrolières, elles témoignent de la croissance du secteur sidérurgique algérien.
L’ammoniac anhydre, principalement utilisé pour la fabrication d’engrais, a été exporté à hauteur de 61,1 milliards de dinars (453 millions de dollars) pour 1,02 million de tonnes. Son prix moyen plus bas (442 dollars/tonne) reflète des volumes massifs mais une moindre valeur unitaire.
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Dans le domaine agricole, le sucre de canne s’impose comme un succès notable avec 33 milliards de dinars (244 millions de dollars) pour 360 650 tonnes. Les dattes, symbole de l’agriculture saharienne, ont quant à elles généré 9,87 milliards de dinars (73 millions de dollars) pour 83 025 tonnes, avec un prix attractif de 881 dollars/tonne qui surpasse certains produits industriels.
Les produits à haute valeur technologique
L’hydrogène se distingue par sa valeur exceptionnelle au kilo. Bien que faible en volume (6 036 tonnes), ses exportations atteignent 21,9 milliards de dinars (163 millions de dollars), avec un prix record de 26 933 dollars/tonne. Cette performance s’explique par son utilisation croissante dans les énergies propres et les industries de pointe.
Le phosphate de calcium, exporté à 28,6 milliards de dinars (212 millions de dollars), trouve quant à lui des applications dans l’industrie chimique et agricole. Le verre industriel, utilisé dans la construction, a rapporté 4,5 milliards de dinars (33 millions de dollars), montrant la diversité des capacités manufacturières algériennes.
Si les hydrocarbures dominent toujours les expirations algériennes, ces 15 produits démontrent une réelle avancée vers la diversification. Pour consolider cette tendance, l’Algérie gagnerait à valoriser davantage ses produits à haute technologie comme l’hydrogène tout en renforçant ses filières agricoles et industrielles traditionnelles.
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