En plein cœur du Sahara algérien, l'exploitation de vastes étendues désertiques devient un moteur agricole national. Grâce à des technologies innovantes et des investissements stratégiques, le pays ambitionne de produire à grande échelle des cultures essentielles, répondant aux besoins alimentaires nationaux et aux défis environnementaux.
Depuis les années 1980, l’agriculture du Sahara algérien a quitté les limites traditionnelles des oasis pour s’étendre sur de vastes plaines arides grâce à l’utilisation de techniques modernes, telles que les rampes pivot. Ces dispositifs permettent d'irriguer des parcelles atteignant jusqu'à 40 hectares. Aujourd’hui, cette région, autrefois peu exploitée, est devenue un acteur clé dans la production agricole.
La région de Oued Souf illustre parfaitement cette dynamique. Initialement expérimentale, la production de pomme de terre y a connu une expansion rapide grâce à des pivots rotatifs adaptés aux petits agriculteurs. Ce succès lui a permis de devenir un fournisseur majeur des marchés nationaux, avec une production dépassant les 400'000 tonnes en 2022.
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En parallèle, le maraîchage sous serre s’est imposé comme un pilier de cette transformation. À Biskra, les serres produisent en abondance des légumes tels que la tomate, le poivron et la courgette, alimentant les marchés toute l’année. Ces activités ont attiré des agriculteurs du nord et encouragé des initiatives exportatrices, notamment vers l’Europe, renforçant le potentiel économique du Sahara algérien.
Cette expansion agricole contribue directement à la sécurité alimentaire de l’Algérie, en réduisant sa dépendance aux importations et en offrant une plus grande résilience face aux fluctuations des marchés internationaux.
🇩🇿 Ils transforment le désert en verdure.
Jour et nuit, les agriculteurs algériens font un travail titanesque, soutenus par une panoplie d’aides ces dernières années. pic.twitter.com/Q16piiVH9m
— UA. (@UnionAlgerienne) January 8, 2025
Sahara algérien : diversification et défis de l’agriculture saharienne
Au-delà des cultures traditionnelles, le Sahara algérien explore de nouvelles opportunités agricoles, particulièrement la production de sucre. Des essais prometteurs sur la betterave et la canne à sucre ont été réalisés dans des zones comme Gassi Touil et Hassi El-Gara. Des projets d'envergure impliquant des investisseurs privés et des partenariats internationaux, tels qu’un projet algéro-italien, visent à exploiter plus de 300'000 hectares pour la culture sucrière et la construction d’unités de transformation.
Cependant, cette expansion agricole soulève des défis cruciaux. La disponibilité et la gestion de l’eau constituent une préoccupation majeure dans le Sahara algérien où les nappes phréatiques sont déjà exploitées au-delà de leur capacité de renouvellement. Les recherches montrent que les réserves souterraines du Sahara ne se rechargent qu’à hauteur de 40 % des prélèvements annuels, mettant en lumière une pression hydrique préoccupante.
