L’Algérie veut mettre fin à ses importations de produits agricoles transformés

L’Algérie se lance dans une révolution agro-industrielle en visant l’autosuffisance dans la production de jus de fruits, avec l’objectif ambitieux de réduire considérablement ses importations de concentrés. Chaque année, le pays dépense près de 800 millions de dollars pour importer ces produits d’Europe et d’Asie, alors même qu'il dispose d’un potentiel agricole immense. L’exemple de l’entreprise Golden Drink, connue pour sa marque de boissons fruitées Tazej, illustre parfaitement cette nouvelle dynamique.

Basée à Akbou, dans la wilaya de Bejaïa, Golden Drink a décidé dès 2019 de produire localement ses concentrés de fruits. Pour ce faire, l’entreprise a investi dans une concession agricole de 1500 hectares située entre les wilayas de M’sila et Djelfa, où plus de 1,5 million d’arbres fruitiers ont été plantés. Ces arbres, comprenant grenades, pommes, abricots, pêches, poires et raisins, sont cultivés selon des techniques modernes, comme le super intensif, qui optimise la densité des plantations et permet une mécanisation partielle des opérations.

1500 hectares pour un projet agricole d'envergure

"Il faut savoir qu’un baril de concentré de grenade coûte environ 2300 €. C’est plus cher qu’un baril de pétrole pour avoir une idée sur les retombées positives de la production locale du concentré de jus", expliquait en 2023 à TSA, le patron de Golden Drink, Salim Amra. C'est dire les retombées financières positives  de ce projet d'envergure sur le Trésor public algérien, ainsi que sur le consommateur algérien des jus de fruits.

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L’irrigation, un élément clé dans une région semi-aride, est assurée par un système de goutte-à-goutte alimenté par trois gigantesques bassins d’eau d’une capacité totale de 2,1 millions de m³, dont l’un est le plus grand d’Afrique. Grâce à cette infrastructure, Golden Drink peut garantir l’hydratation des vergers tout en optimisant l’usage de l’eau dans un contexte de rareté.

La production a commencé, l'exportation aussi

En 2023, les premiers 500 hectares de vergers sont entrés en production, permettant à l’entreprise de remplacer une partie des concentrés importés par des produits algériens de qualité. Cette initiative permet non seulement de réduire la dépendance aux importations, mais également de valoriser les terres locales et de créer des centaines d’emplois. Une partie de cette production est aussi destinée à l’exportation, contribuant à diversifier les revenus de l’Algérie. En 2020, Golden Drink a exporté près de 12'000 tonnes de jus vers 14 pays, un chiffre qui ne cesse de croître.

Le développement de la production locale de concentrés représente une réponse stratégique à la flambée des prix sur le marché mondial. Avec des concentrés de jus coûtant parfois plus cher que le pétrole, l’Algérie a tout intérêt à investir davantage dans des projets comme celui de Golden Drink. Ce modèle peut servir d’exemple pour d'autres entreprises, renforçant ainsi la souveraineté alimentaire du pays et son positionnement sur les marchés internationaux.


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