France : voici pourquoi la pauvreté augmente même si le chômage baisse

Depuis 2015, la France enregistre une baisse régulière du taux de chômage, passé de 10,3 % à 7,3 % en 2022. En apparence, cette amélioration du marché du travail devrait logiquement se traduire par une diminution de la pauvreté. Pourtant, les chiffres indiquent une stagnation, voire une légère hausse du taux de pauvreté monétaire, qui passe de 14,2 % à 14,4 %. Le dernier Panorama du CNLE (Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale) analyse ce paradoxe.

L’une des explications principales tient à la nature des emplois créés durant cette période en France. Le CNLE souligne que de nombreux postes nouvellement pourvus sont précaires : temps partiels, contrats à durée déterminée, ou encore auto-entrepreneuriat à faibles revenus. Ces formes d’emploi, bien que comptabilisées dans les statistiques de l’emploi, n’offrent pas une rémunération suffisante pour atteindre un niveau de vie supérieur au seuil de pauvreté (défini à 60 % du revenu médian).

Des inégalités persistantes chez les inactifs en France

La situation des personnes inactives, notamment les retraités modestes et les personnes en invalidité, s’est parallèlement dégradée. Ces populations, exclues des dynamiques du marché de l’emploi, sont davantage exposées à la précarité. Le CNLE constate que leur niveau de vie progresse plus lentement que le seuil de pauvreté, accentuant leur vulnérabilité.

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Le rapport met aussi en lumière une hausse du ressenti de pauvreté : en 7 ans, la part des Français se considérant comme pauvres est passée de 12,4 % à 18,7 %. Ce sentiment s’étend au-delà des plus modestes et touche désormais une partie des classes moyennes inférieures, confrontées à une pression sur les dépenses courantes (logement, chauffage, alimentation).

L’accès aux aides sociales en question

Le CNLE alerte enfin sur les limites du système d’aides sociales en France. L’inadaptation des barèmes aux besoins actuels, combinée à la dématérialisation croissante des démarches administratives, contribue à exclure les plus fragiles. Des personnes en emploi peuvent ainsi ne pas bénéficier des aides auxquelles elles auraient droit, faute de moyens ou de connaissance pour les réclamer.

Le constat du CNLE est clair : la corrélation historique entre emploi et amélioration du niveau de vie s’affaiblit en France. La baisse du chômage ne suffit plus à réduire la pauvreté. Une révision des politiques sociales s’impose pour répondre aux nouveaux visages de la précarité.


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