Le gouvernement algérien veut plafonner les paiements en espèces à 500 000 dinars par transaction. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie nationale de numérisation présentée par le Haut-commissariat à la Numérisation. L’objectif est de limiter la circulation du cash dans l’économie formelle, renforcer la traçabilité des opérations financières et accélérer l’adoption des paiements électroniques.
En Algérie, les paiements en espèces représentent encore la majorité des transactions commerciales, y compris dans les secteurs réglementés. Selon les données officielles, près d’un tiers de la masse monétaire en circulation échappe encore au circuit bancaire. Cette situation constitue un frein à la transparence financière, à la lutte contre la fraude fiscale et au développement de l’inclusion bancaire.
En introduisant un seuil légal au-delà duquel les paiements en espèces deviennent interdits, les autorités cherchent à encadrer plus strictement les flux financiers. À travers cette mesure, l’État vise à réduire le recours au cash dans les échanges de biens et services à forte valeur.
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Un cadre juridique en cours d’ajustement
La limitation du cash est accompagnée d’une série de dispositions réglementaires déjà engagées. La loi de finances 2025 interdit désormais l’usage d’espèces pour toute transaction immobilière actée devant notaire. Ces évolutions législatives s’inscrivent dans une logique de normalisation progressive de la sphère financière.
En limitant l’usage du numéraire, le gouvernement entend encourager l’utilisation de moyens de paiement traçables : virements, cartes bancaires, ou applications mobiles. Ces instruments facilitent les contrôles, améliorent la transparence comptable et réduisent les risques liés aux opérations non déclarées.
Des infrastructures de paiement encore sous-développées
Le principal obstacle à cette transition reste la faiblesse des infrastructures de paiement électronique. À fin mars 2025, le Groupement d’intérêt économique monétique (GIE Monétique) comptabilisait 75 550 terminaux de paiement électronique (TPE) en service sur l’ensemble du territoire. Ce volume reste très insuffisant pour assurer une couverture nationale satisfaisante, notamment dans les zones rurales et les commerces de proximité.
La densité des TPE reste faible au regard de la population active et du volume des transactions quotidiennes. De nombreux points de vente ne disposent toujours pas de solution de paiement électronique, rendant difficile l’application concrète de la mesure de plafonnement du cash.
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Faible taux de bancarisation et retard technologique
Le recours aux paiements dématérialisés reste également limité par la faible bancarisation de la population. Une part importante des citoyens n’a pas de compte bancaire actif ni accès régulier à des services financiers modernes. Cette situation complique l’adoption généralisée des moyens de paiement électroniques, malgré les incitations réglementaires.
Par ailleurs, les applications de paiement mobile et les portefeuilles électroniques peinent à se généraliser en raison du manque de standardisation, de l'absence d'interopérabilité, et d'une offre encore peu diversifiée.
La stratégie de transformation numérique ambitionne de construire une économie connectée, appuyée sur des systèmes de paiement modernes et interopérables. La généralisation des paiements électroniques est identifiée comme un levier prioritaire pour réduire le poids du cash et améliorer le suivi des transactions économiques.
