Trafic de drogue en Algérie : le rétablissement de la peine capitale envisagé

L’Algérie intensifie sa lutte contre le trafic de drogue en adoptant une posture ferme, portée notamment par la volonté de rétablir la peine capitale dans certains cas liés à ce fléau. Cette décision s’inscrit dans un contexte d’augmentation notable des saisies de stupéfiants et d’une recrudescence de la consommation, qui inquiètent fortement les autorités.

Le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaâ, a exposé mardi à l’Assemblée populaire nationale (APN) l’état préoccupant de la situation liée au trafic de drogue. Selon ses déclarations, près de cinq millions de comprimés psychotropes ont été saisis dans plusieurs régions du pays en quelques semaines, traduisant une prolifération alarmante. Ce constat a conduit le gouvernement à revoir et renforcer son arsenal législatif. Le projet de loi présenté vise à combattre plus efficacement ce phénomène aux conséquences lourdes sur la sécurité publique et la santé des citoyens.

Des mesures coercitives renforcées contre le trafic de drogue

Le texte propose l’introduction de la peine capitale pour des cas jugés particulièrement graves dans le trafic de drogue, tels que l’implication de mineurs dans les réseaux de trafic, la revente de drogues à proximité d’établissements sensibles (écoles, hôpitaux), ou le commerce de drogues de synthèse et de stupéfiants puissants. Cette mesure vise à dissuader les trafiquants en envoyant un signal clair quant à la sévérité des sanctions encourues.

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Par ailleurs, le projet prévoit également des tests obligatoires de dépistage de drogues pour les candidats aux concours publics, avec une exigence de résultats négatifs, ainsi que des contrôles réguliers dans les établissements scolaires. Ces dispositifs s’inscrivent dans une démarche globale de prévention visant à détecter et prendre en charge les personnes concernées.

Une stratégie combinant répression et prévention

Le ministre a insisté sur la souveraineté nationale dans le choix des mesures de lutte contre le crime comme le trafic de drogue, affirmant que l’Algérie est libre de décider de la politique la plus adaptée à son contexte, y compris en ce qui concerne la peine de mort. En parallèle, des incitations financières sont proposées aux lanceurs d’alerte qui fournissent des informations ayant conduit à des résultats concrets. Cette approche vise à renforcer la collaboration entre la société civile et les autorités.

Le gouvernement prévoit aussi la construction de nouveaux centres de désintoxication pour accompagner les toxicomanes, tout en réaffirmant la nécessité d’une action judiciaire ferme contre les trafiquants et les responsables d’établissements facilitant le trafic. La justice sera particulièrement intransigeante envers ceux qui transforment sciemment leurs locaux en points de vente.

Enfin, Lotfi Boudjemaâ a mis en garde contre la diffusion d’informations non vérifiées sur les réseaux sociaux, appelant à la prudence dans le traitement des affaires liées à la drogue. Il a souligné que les parquets communiquent officiellement via des communiqués lorsque cela est nécessaire, afin d’éviter la propagation de rumeurs pouvant nuire à la justice et à l’ordre public. L’Algérie affirme ainsi son intention de mener une guerre rigoureuse contre le trafic de drogue, en combinant fermeté judiciaire, prévention et coopération citoyenne, pour limiter les ravages de ce phénomène.

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