Le gouvernement a officialisé le 22 mai 2025 la nouvelle liste des métiers en tension, publiée par le ministère du Travail. Cette liste constitue un levier à double entrée : elle répond à la pénurie persistante de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs économiques, tout en encadrant la régularisation administrative des travailleurs étrangers présents sur le territoire.
Conformément à la loi immigration du 26 janvier 2024, la publication d’une liste annuelle des métiers en tension devient une obligation réglementaire. Elle permet aux employeurs de recruter plus facilement des profils difficiles à trouver localement et offre un cadre légal à la régularisation de certains salariés étrangers.
Pour être éligible à une demande de titre de séjour au titre de l’emploi, le travailleur doit justifier de trois années de présence en France et de douze mois de bulletins de salaire au cours des deux dernières années. La liste publiée s’applique uniquement à ceux qui occupent un poste répertorié comme étant en tension.
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Un périmètre de 80 métiers sous tension
Le ministère du Travail recense environ 80 métiers confrontés à des difficultés structurelles de recrutement. Ces professions couvrent un large spectre, du bâtiment à l’agriculture, en passant par le transport, la maintenance industrielle, la logistique ou encore l’ingénierie.
La typologie est variée : certains métiers exigent peu ou pas de qualification, tandis que d'autres nécessitent un haut niveau de compétences ou des diplômes techniques spécialisés. Cette diversité explique les disparités salariales observées.
Estimation des salaires selon les catégories de métiers
Pour déterminer les niveaux de rémunération, le gouvernement s’est appuyé sur les données du simulateur Indeed. Celui-ci agrège les salaires issus des offres d’emploi publiées durant les douze derniers mois, ce qui permet une estimation réaliste, bien que non officielle.
- Métiers agricoles : En bas de l’échelle, les ouvriers agricoles affichent un salaire annuel moyen de 21'000 euros bruts, soit environ 1750 euros bruts mensuels. Les conditions de travail difficiles et la saisonnalité expliquent une attractivité limitée.
- Conducteurs routiers : Cette profession, souvent sous tension en raison des horaires décalés et de la pénibilité, atteint une rémunération moyenne de 39'000 euros bruts par an.
- Techniciens de maintenance et couvreurs : Ces métiers techniques, très recherchés, affichent des salaires compris entre 28'000 et 34'000 euros bruts annuels, selon l’expérience et la région.
- Ingénieurs en recherche et développement : En haut de la grille, ces postes exigent un niveau d’expertise élevé. Le salaire moyen s’élève à 48'200 euros bruts par an, soit plus de 4000 euros mensuels.
Ces chiffres doivent être interprétés comme des moyennes nationales. Les écarts peuvent être significatifs selon la région, l’ancienneté, la taille de l’entreprise ou les conventions collectives applicables.
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Des données encore incomplètes
Certaines professions en tension ne figurent pas dans la liste officielle, en raison d’un volume insuffisant d’offres référencées ou d’intitulés trop spécifiques. C’est notamment le cas de nombreux postes dans l’industrie ou les métiers artisanaux, où les dénominations varient d’un employeur à l’autre.
Par ailleurs, l’absence d’une grille salariale officielle laisse la place à des écarts importants d’un territoire à l’autre. Les données disponibles doivent donc être croisées avec d'autres sources (négociations de branche, barèmes conventionnels, études régionales).
Une actualisation annuelle pour ajuster les priorités
L’actualisation annuelle de cette liste répond à la nécessité d’adapter les dispositifs à la réalité du marché du travail. Elle permet aux entreprises de planifier plus efficacement leurs recrutements dans les secteurs déficitaires, et aux services de l’État d’encadrer la régularisation de façon plus ciblée.
Les métiers en tension ne se limitent pas à une problématique conjoncturelle. Ils traduisent des déséquilibres structurels entre offre et demande de travail, souvent liés à la démographie, à la pénibilité, ou à l’évolution technologique. Cette liste, bien qu'imparfaite, constitue un indicateur de ces déséquilibres. Elle pourrait, à terme, orienter certaines politiques de formation professionnelle ou de reconversion.
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