Un important réseau de vol et d’export illégal de véhicules a été démantelé dans le port de Marseille après plusieurs mois d’enquête. Ce trafic, particulièrement bien organisé, ciblait principalement des voitures de location avant de les expédier vers l’Algérie. Les autorités ont interpellé plusieurs individus, dont certains travaillaient au sein même des infrastructures portuaires.
Selon les informations révélées ce mardi 27 mai par le média français ICI Provence, ce trafic fonctionnait depuis quatre ans grâce à des complicités au sein de Marseille Manutention, une filiale du groupe CMA CGM. Les malfaiteurs avaient réussi à privatiser illégalement un hangar de plusieurs centaines de mètres carrés sur le Terminal Roulier Sud (TRS). Ce local servait de base pour stocker et maquiller les véhicules volés avant leur exportation vers l'Algérie.
Le 22 mai 2025, la brigade des atteintes aux biens de la division de la criminalité organisée des Bouches-du-Rhône a procédé à l’arrestation de dix suspects. Lors des perquisitions, les policiers ont saisi plus de 60 000 euros en liquide, des montres de luxe, douze véhicules et du matériel professionnel destiné à falsifier les identifications des voitures. Entre le 24 et le 26 mai, les individus interpellés ont été mis en examen pour recel de vol en bande organisée, blanchiment et faux en écriture.
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Un trafic estimé à 30 millions d’euros
Le réseau écoulait entre 20 et 30 véhicules volés par mois, principalement issus de sociétés de location. Les voitures étaient ensuite maquillées grâce à une machine permettant de créer de fausses plaques d’immatriculation et de modifier les numéros de série. Les trafiquants utilisaient également des clés numériques SIV (Système d’Identification des Véhicules) pour falsifier les documents. Une fois modifiées, les voitures étaient discrètement chargées sur des cargos à destination de l’Algérie.
Selon les premières estimations, ce trafic aurait généré un préjudice total de 30 millions d’euros pour les assurances et les sociétés de location. Une enquête interne a également été ouverte au sein des services de sécurité de Marseille Manutention pour déterminer l’étendue des complicités. Les cinq principaux suspects ont été placés en détention provisoire, tandis que les cinq autres ont été mis sous contrôle judiciaire.
