Le prix du pétrole baisse, l’OPEP+ joue la carte de la surproduction

Alors que les cours du pétrole poursuivent leur baisse sur les marchés mondiaux, l’OPEP+ maintient sa stratégie de hausse de production. Une décision qui interroge, dans un contexte marqué par la volatilité de la demande et une pression persistante sur les prix.

L’alliance OPEP+, composée de 22 pays producteurs, s’est réunie samedi pour évaluer ses niveaux de production. Selon plusieurs sources citées par l’agence Reuters, les membres du groupe devraient reconduire une hausse de la production pour le mois de juillet. Huit membres ont déjà augmenté leur offre de 411 000 barils par jour en mai et juin, et un volume similaire est envisagé pour le mois à venir.

Cette orientation s’inscrit dans une logique de continuité, malgré des prix en repli. Le baril de Brent s’échange à 64,62 dollars, en baisse de 12 cents, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a reculé de 15 cents, atteignant 61,38 dollars. Ces niveaux sont parmi les plus faibles enregistrés depuis quatre ans, illustrant la faiblesse actuelle du marché.

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Une stratégie anticipée par les opérateurs

D’après les analystes, dont Ole Hvalbye de la banque SEB, cette augmentation ne constitue pas une surprise. Elle aurait déjà été prise en compte par les marchés financiers, ce qui explique l’absence de réaction brutale des prix à l’approche de la réunion. L’OPEP+ applique ainsi une stratégie de contrôle progressif de l’offre, tout en limitant les perturbations sur les prix.

Depuis 2022, l’organisation a instauré plusieurs niveaux de réduction de la production pour stabiliser le marché. Deux d’entre eux sont toujours actifs et devraient rester en place jusqu’à fin 2025. La hausse décidée par certains membres est donc interprétée comme un ajustement ponctuel dans un cadre plus large de gestion collective de l’offre.

L’Iran ajuste ses prix pour le marché asiatique

L’Iran, membre de l’alliance, continue de jouer sa propre partition. Le pays a relevé le prix officiel de vente (OSP) de son pétrole brut léger à destination de l’Asie. Il est désormais fixé à 1,8 dollar au-dessus de la moyenne Oman/Dubaï pour juin, contre 1,65 dollar en mai. Cette évolution reflète une volonté de renforcer sa compétitivité dans un environnement tendu.

Par ailleurs, le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré que l’Iran pouvait maintenir ses exportations, même en l’absence d’accord avec les États-Unis sur le nucléaire. En cas de non-accord, les sanctions actuelles resteraient en place, ce qui continuerait de restreindre l’offre iranienne sur le marché international.

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L’Algérie participe aux discussions techniques

L’Algérie a participé aux travaux préparatoires et aux réunions décisionnelles de l’OPEP+. Le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a pris part à la 191e réunion de la Conférence de l’OPEP, à la 60e réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) et à la 39e réunion ministérielle OPEP et non-OPEP. Ces sessions visent à examiner les niveaux de conformité aux engagements de production et à ajuster les perspectives à court terme.

Les discussions se sont concentrées sur les scénarios de marché et les paramètres macroéconomiques susceptibles d’influencer la demande dans les mois à venir. L’approche reste prudente, mais elle confirme l’intention de maintenir une pression modérée sur l’offre afin de préserver la stabilité du marché.

 


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