La fin du dinar ? La question du changement de monnaie relancée en Algérie

En Algérie, la question de changer la monnaie nationale refait surface dans le débat public, notamment lors des discussions à l’Assemblée populaire nationale (APN). Cette mesure, envisagée pour lutter contre la circulation de liquidités en dehors des circuits financiers officiels, a suscité des réactions parmi les députés et les experts.

Lors de la séance du lundi 2 juin 2025 à l’APN, consacrée à l’examen de la loi de règlement budgétaire 2022, le député Aziz Abdelkader a interpellé le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, sur la possibilité d’un changement de la monnaie nationale, rapporte le journal El Khabar. L’objectif affiché serait de réintégrer les masses monétaires circulant dans le marché parallèle ou thésaurisées dans les foyers. Cette idée, déjà évoquée lors de précédentes législatures, est soutenue par certains experts financiers qui y voient un moyen de mieux contrôler l’économie informelle.

D’autres députés ont profité de cette discussion pour aborder la dépréciation du dinar et ses conséquences sur le pouvoir d’achat des Algériens. Wahid Al-Sid Chikh, l’un des intervenants, a alerté sur les dangers du marché parallèle des devises, qualifiant ce phénomène de menace pour la sécurité nationale. Il a notamment souligné que les trafiquants de drogue se procurent des fonds via ce circuit non régulé.

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La problématique des billets de banque

Plusieurs députés ont également questionné le gouvernement sur l’allocation touristique de 750 euros, promise après l’Aïd El-Fitr, mais dont la mise en œuvre reste incertaine. La problématique des billets de banque de mêmes valeurs faciales, comme ceux de 500 et 1 000 dinars, a également été soulevée, certains y voyant une source de confusion et de fraude potentielle.

Les élus du Mouvement de la société pour la paix (MSP) ont insisté sur la nécessité de réformer la politique de soutien social, demandant un ciblage plus précis des aides en faveur des plus nécessiteux. Ils ont aussi interrogé le gouvernement sur la date d’application de l’article 188 de la loi de finances 2022, dont les dispositions restent en suspens.

La modernisation des administrations fiscales, douanières et des biens publics a été un autre thème récurrent. Certains députés ont appelé à une révision des statuts de ces secteurs pour améliorer leur efficacité, tout en critiquant les performances du service du cadastre. Lahcen Hani a notamment plaidé pour un nouveau recensement foncier, jugé indispensable pour une meilleure gestion du patrimoine immobilier de l’État.

La numérisation et les réformes fiscales en question

Sur le plan fiscal, des voix se sont élevées pour dénoncer la faiblesse du recouvrement des impôts. Seddik Bekhouche, ancien président de la commission des finances, a pointé du doigt la baisse des recettes issues des impôts directs, comparées à celles générées par les taxes sur les transactions commerciales. Il a appelé à des réformes structurelles pour renforcer l’inclusion financière et élargir l’assiette fiscale.

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La nécessité de maîtriser les dépenses publiques et la dette a également été soulignée, avec des appels à respecter des plafonds stricts pour éviter un impact négatif sur l’économie nationale. Par ailleurs, la Cour des comptes a été saluée pour son travail, mais les députés ont demandé un rapport détaillé sur la mise en œuvre de ses recommandations, ainsi que l’accélération de l’adoption de la loi organique définissant ses attributions, conformément à l’article 192 de la Constitution.


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