Les cours de l’euro et du dollar américain ont atteint de nouveaux sommets cette semaine sur le marché parallèle en Algérie. Cette hausse soudaine, observée à Alger dès le lundi 14 juillet 2025, reflète une tension persistante sur la disponibilité des devises dans les circuits officiels, malgré les récentes mesures réglementaires.
À la place Port-Saïd, épicentre du marché noir de la devise à Alger, l’euro s’échange désormais à 26 500 DZD pour 100 EUR à la vente, contre 26 300 DZD à l’achat. Il s’agit d’un seuil jamais atteint jusqu’ici, et qui confirme la montée continue de la demande de devises fortes en dehors du système bancaire.
Le dollar américain connaît une évolution similaire. Son cours a été relevé à 22 600 DZD à la vente et 22 400 DZD à l’achat. Ces chiffres dépassent largement les taux pratiqués par la Banque d’Algérie, accentuant le décalage entre les marchés formels et informels.
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Seuil plafonné et hausse de l'allocation touristique
Dans ce contexte de pression monétaire, la Banque d’Algérie a modifié le régime applicable à l’exportation de devises par les voyageurs. Depuis la publication du règlement dans le Journal officiel du 13 octobre 2024, le montant maximum autorisé est plafonné à 7 500 EUR par an, pour les résidents comme pour les non-résidents. Cette limite s’applique désormais sur une base annuelle, et non plus à chaque déplacement.
Le nouveau dispositif impose également la présentation d’un avis de retrait bancaire pour tout prélèvement excédant le seuil de déclaration. Les opérations doivent être réalisées à partir d’un compte devise domicilié en Algérie. Cette mesure vise à renforcer la traçabilité des flux sortants et à limiter les fuites de capitaux via le marché informel.
Parallèlement à ces restrictions, le gouvernement a décidé d’ajuster la dotation touristique, dans le but de mieux répondre aux besoins des voyageurs. À la suite du Conseil des ministres du 8 décembre 2024, présidé par le président Abdelmadjid Tebboune, le montant alloué a été revu à la hausse : 750 EUR pour les adultes et 300 EUR pour les mineurs, attribués une fois par an. L’application de cette mesure est prévue pour le mois de janvier 2025, par décret exécutif. Cette revalorisation, bien que modérée, vise à limiter le recours au marché parallèle tout en maintenant un contrôle sur la sortie des devises.
Le marché noir reste dominant
En dépit de ces ajustements, la pression sur le dinar algérien reste forte. L’écart significatif entre les taux officiels et ceux du marché parallèle démontre que la demande de devises, en particulier en euro, reste largement insatisfaite dans les circuits bancaires. Les besoins des ménages, des étudiants et des opérateurs économiques continuent de s’exprimer majoritairement hors des canaux réglementés. Le volume limité de devises disponibles dans les banques, combiné à des procédures administratives lourdes, encourage les particuliers à se tourner vers des solutions alternatives, malgré les risques associés.
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