La tension monte entre la France et l’Algérie autour de la délivrance des passeports algériens sur le territoire français. Alger réagit fermement après les déclarations du ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui entend remettre en cause la validité de ces documents pour l’obtention de titres de séjour.
Une source responsable du ministère algérien des Affaires étrangères, interrogée ce lundi 21 juillet 2025 par l’agence APS, a vivement réagi aux propos tenus par Bruno Retailleau dans Le Figaro. Le ministre français avait annoncé son intention d’ordonner aux préfectures de ne plus reconnaître les passeports délivrés par les consulats algériens en France, notamment ceux émis par le consulat de Toulouse, accusé d’avoir régularisé des centaines de ressortissants en situation irrégulière.
La source algérienne a rappelé que la délivrance de ces passeports est un droit souverain de l’Algérie et une obligation légale, dont la reconnaissance s’impose à la France. Elle a qualifié la décision de Retailleau d’"arbitraire, discriminatoire et abusive", soulignant qu’elle contredit la législation française elle-même.
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Une mesure jugée « illégale et politique »
Selon la même source, les passeports en question sont souvent délivrés à la demande des préfectures françaises elles-mêmes, servant de pièces justificatives indispensables pour les demandes de titres de séjour. Refuser de les reconnaître reviendrait donc à une violation des droits des ressortissants algériens et à une rupture des engagements bilatéraux.
La source a également laissé entendre que cette décision est politiquement motivée, en lien avec les positions connues de Bruno Retailleau sur l’immigration algérienne. Elle a rappelé que le droit français ne fournit aucun fondement juridique à une telle mesure, la rendant contestable devant les tribunaux.
Les accusations de Bruno Retailleau
Dans son entretien au Figaro du 18 juillet 2025, Bruno Retailleau a accusé le consulat algérien de Toulouse d’avoir facilité l’obtention de passeports pour des personnes en situation irrégulière, contournant ainsi les règles d’immigration. Il a annoncé son intention de ne plus valider ces documents pour les demandes de titres de séjour, une mesure qu’il justifie par la nécessité de "rétablir une politique migratoire plus stricte".
Bruno Retailleau dénonce les actions du consulat algérien de Toulouse pour avoir fourni illégalement des passeports à des migrants en situation irrégulière. →https://t.co/IZcHW2bIly pic.twitter.com/3Yxd1rQbpo
— Le Figaro (@Le_Figaro) July 20, 2025
Le ministre français a également critiqué les accords franco-algériens de 1968, qu’il juge dépassés et trop favorables aux Algériens. Il a évoqué la possibilité d’une sortie unilatérale de ces accords si aucune renégociation n’aboutit d’ici la fin du quinquennat.
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