La Royal Air Maroc gagne son procès contre ses pilotes

La Cour de cassation a rendu son verdict en faveur de la Royal Air Maroc (RAM) dans une affaire opposant la compagnie aérienne à plusieurs de ses pilotes licenciés pour motifs économiques. Cette décision marque la fin d'un conflit judiciaire entamé il y a plus de cinq ans et qui trouve son origine dans la crise sanitaire de la Covid-19.

En 2020, face à l'impact dévastateur de la pandémie sur le secteur aérien, la Royal Air Maroc a été contrainte de procéder à un certain nombre de licenciements économiques. Parmi les salariés affectés, plusieurs pilotes ont été licenciés à partir du 31 août 2020. La décision de la compagnie a été validée par les autorités administratives compétentes, et les indemnités de préavis et de licenciement ont été versées conformément à la réglementation en vigueur.

Cependant, ces licenciements ont été contestés par les pilotes concernés, qui ont jugé leur licenciement abusif. Ils ont ainsi réclamé des indemnités supplémentaires et des dommages-intérêts pour licenciement abusif, lançant ainsi une procédure judiciaire.

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Un parcours judiciaire complexe

L'affaire a suivi un parcours juridique long et semé d'embûches. Après la décision initiale du tribunal de première instance, qui avait donné raison à la Royal Air Maroc, la Cour d'appel de Casablanca a annulé cette décision en 2024, en faveur des pilotes. La compagnie aérienne a alors fait appel à la Cour de cassation, dans l'espoir de faire annuler cette décision et de rétablir la légalité de ces licenciements.

Les pilotes avaient obtenu gain de cause devant la Cour d'appel, qui avait augmenté les indemnités de licenciement et de préavis et avait condamné la compagnie à verser des dommages et intérêts. La Cour de cassation a donc été appelée à trancher sur cette décision.

Les arguments juridiques de Royal Air Maroc

Dans son pourvoi devant la Cour de cassation, la Royal Air Maroc a soulevé plusieurs arguments techniques pour contester la décision de la Cour d'appel. La compagnie a invoqué la violation des règles de procédure civile, en particulier l'article 369 du Code de procédure civile. Selon la RAM, la Cour d'appel n'avait pas respecté le cadre juridique fixé par la Cour de cassation dans une affaire précédente et avait réexaminé l'intégralité du dossier, ce qui n'est pas autorisé en appel.

En outre, la compagnie a soutenu que la décision de la Cour d'appel manquait de fondement juridique, en l'absence de motifs suffisants pour justifier la condamnation de la Royal Air Maroc à payer des indemnités supplémentaires. La compagnie a ainsi estimé que la Cour d'appel n’avait pas suffisamment motivé son jugement, ce qui, selon elle, constitue une violation des règles d'ordre public en droit du travail.

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La décision de la Cour de cassation

Après examen des arguments avancés par les avocats de la Royal Air Maroc, la Cour de cassation a jugé que les éléments soulevés étaient fondés et a annulé la décision de la Cour d'appel de Casablanca. En conséquence, la plus haute juridiction a donné raison à la RAM, validant la procédure de licenciement économique menée par la compagnie en 2020.

La Cour de cassation a ainsi réaffirmé l'importance du respect strict des règles de procédure civile dans le traitement des litiges liés aux licenciements économiques. Cette décision marque un tournant important dans cette affaire, car elle valide non seulement les motifs économiques des licenciements, mais aussi le respect de la réglementation applicable dans ce type de procédure.


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