Algérie : la balance commerciale en déficit au premier trimestre 2025

Le commerce extérieur de l’Algérie a enregistré une performance contrastée au premier trimestre 2025, marquée par un net recul des exportations et une forte progression des importations. Cette dynamique a entraîné un déficit commercial significatif, rompant avec l’excédent observé à la même période en 2024. Les données révèlent une dégradation du taux de couverture, reflétant les déséquilibres croissants dans les échanges internationaux du pays.

Selon le dernier rapport de l’Office national des statistiques (ONS), relayé par le quotidien El Watan, les prix à l’exportation ont reculé de 1,8 % au premier trimestre 2025, tandis que ceux des importations ont chuté de 4,6 % par rapport à la même période en 2024. Cependant, cette tendance masque une divergence importante en termes de volumes : les importations ont bondi de 25,2 %, alors que les exportations ont diminué de 4 %.

En valeur, les exportations algériennes se sont établies à 1 517,9 milliards de dinars, contre 1 610,6 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 5,8 %. À l’inverse, les importations ont atteint 1 787,2 milliards de dinars, en hausse de 19,4 % par rapport au premier trimestre 2024 (1 496,3 milliards).

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Un déficit commercial de 269,3 milliards de dinars

Ces évolutions ont pesé sur la balance commerciale, qui affiche un déficit de 269,3 milliards de dinars sur la période, contre un excédent de 114,3 milliards en 2024. Le taux de couverture des importations par les exportations s’est ainsi effondré, passant de 107,6 % début 2024 à seulement 84,9 % début 2025.

Cette détérioration s’inscrit dans une tendance déjà observée en 2024, où le solde commercial avait reculé de 88,7 % (189,9 milliards de dinars contre 1 674,5 milliards en 2023). Le taux de couverture avait alors chuté à 103 %, après 128,9 % en 2023.

Hydrocarbures et diversification : des exportations en recul

Le repli des exportations s’explique par une baisse simultanée des volumes (-4 %) et des prix (-1,8 %). Les hydrocarbures, principale composante des ventes à l’étranger, ont vu leurs prix reculer de 2,5 %, malgré une hausse de 5,8 % pour les produits hors hydrocarbures. En volume, les exportations d’hydrocarbures ont diminué de 2,9 %, tandis que celles hors hydrocarbures ont chuté de 16 %. À l’inverse, certaines catégories de produits importés ont connu des hausses significatives en valeur, malgré des baisses de volumes pour certains.

L’ONS a révisé son année de référence, adoptant désormais 2019 comme base pour ses analyses. Ce choix repose sur des critères méthodologiques stricts, incluant la disponibilité des données et l’évolution des marchés mondiaux. La nouvelle base couvre 1 342 produits à l’importation (80 % de couverture) et 188 produits hors hydrocarbures à l’exportation (80 %), tandis que les hydrocarbures sont intégrés exhaustivement (100 %).

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