Les volumes de pétrole exportés par l’Algérie ont connu un repli mesurable en ce début d’année 2025, affectant aussi bien le brut que les produits raffinés. Cette baisse intervient dans un contexte marqué par les réductions de production décidées par l’alliance OPEP+, dont l’Algérie est membre actif.
Selon les dernières données issues de l’unité de recherche Energy Intelligence, relayées par la plateforme spécialisée Ettaqa, les exportations totales d’hydrocarbures algériens par voie maritime ont chuté de 4,5 % au premier trimestre 2025. Cela représente environ 34 000 barils par jour en moins par rapport à la même période de l’année précédente. Le pays a exporté en moyenne 723 000 barils par jour contre 757 000 un an plus tôt.
En comparaison avec le dernier trimestre 2024, la baisse atteint 10 %, équivalant à 83 000 barils/jour de différence. Cette tendance s’explique par la mise en œuvre de quotas volontaires dans le cadre de l’accord OPEP+, mais aussi par une réorientation stratégique des flux d’exportation.
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Une stabilité de la production intérieure
Malgré cette contraction des ventes à l’étranger, la production nationale de pétrole brut est restée stable, avec 909 000 barils/jour produits en moyenne au cours des trois premiers mois de 2025, contre 904 000 à la fin de l’année précédente. Cette stabilité s’inscrit dans un effort de régulation de l’offre, en cohérence avec les engagements algériens au sein de l’OPEP+.
L’Algérie applique actuellement une réduction volontaire de 48 000 barils/jour, intégrée à un mécanisme collectif impliquant neuf pays producteurs. Ce dispositif doit rester en vigueur jusqu’à la fin de l’année 2026.
Les produits raffinés prennent le relais
Une part croissante des exportations algériennes repose désormais sur les produits pétroliers raffinés, qui représentent 52,2 % des volumes exportés. Le brut ne constitue plus que 33,8 % du total. En volume, les exportations de produits raffinés ont atteint 378 000 barils/jour, en léger recul de 1 % par rapport à 2024.
Cette orientation vers les dérivés pétroliers s’explique par la bonne performance des capacités de raffinage nationales, évaluées à 677 000 barils/jour. L’Algérie mise sur une meilleure valorisation de ses ressources internes, favorisant la naphta (191 000 barils/jour) et les huiles de chauffage (101 000).
L'Europe et l'Asie en tête des partenaires
Sur le plan géographique, la Corée du Sud reste le premier acheteur de pétrole algérien, avec une moyenne de 105 000 barils/jour. L’Espagne suit avec 96 000, puis la France avec 80 000. Les États-Unis et le Portugal complètent le classement avec respectivement 69 000 et 59 000 barils/jour.
Malgré un climat diplomatique tendu, la France conserve une position stratégique dans les échanges énergétiques avec l’Algérie. Cela confirme que les livraisons de pétrole et de gaz naturel liquéfié à destination de la France ne sont pas remises en cause par les différends bilatéraux.
Par ailleurs, la levée progressive des restrictions de production au sein de l’OPEP+ depuis avril 2025 pourrait permettre à l’Algérie de relancer ses exportations de pétrole au second semestre. L’attention se porte désormais sur l’évolution de la demande mondiale, en particulier en Europe et en Asie, et sur la capacité du pays à stabiliser ses volumes tout en maintenant la rentabilité de sa chaîne logistique et industrielle.
