L'économie informelle représente une part importante de l'économie algérienne, avec des activités non déclarées échappant au contrôle fiscal et à la régulation. Cette situation constitue un frein majeur à la modernisation du pays et à la bonne gestion des finances publiques.
Face à ce défi, le gouvernement algérien a mis en place plusieurs réformes pour intégrer progressivement ce secteur dans l'économie formelle, visant ainsi à améliorer la transparence, renforcer la bancarisation et lutter contre les dérives financières.
Un secteur à la fois essentiel et problématique
En Algérie, l’informel représente une part conséquente de l'économie, estimée à près de 40 % du produit intérieur brut (PIB). Ce secteur inclut une large gamme d'activités allant du commerce de rue aux services non déclarés, et touche de nombreux secteurs, notamment le bâtiment, le commerce de détail et les services. Si l’informel permet à de nombreuses personnes de subvenir à leurs besoins, il empêche aussi l'État de percevoir des recettes fiscales essentielles pour le financement des services publics.
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En outre, l’économie informelle a des conséquences néfastes pour la régulation économique. La prédominance des paiements en espèces, sans traçabilité, empêche une gestion saine des flux financiers, ce qui renforce la méfiance vis-à-vis du système bancaire et des institutions financières.
Les réformes pour encadrer l’informel
Pour lutter contre l'informel, le gouvernement algérien a lancé un ensemble de réformes visant à formaliser les activités économiques et à les intégrer dans le circuit économique officiel. L'une des premières mesures prises est l’obligation de recourir à des moyens de paiement scripturaux pour certaines transactions économiques, en particulier dans les secteurs de l’immobilier et de l’acquisition de véhicules. Cette mesure, introduite dans la Loi de Finances 2025, a pour objectif de réduire la circulation de l'argent liquide et de limiter ainsi les activités informelles.
La lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme est un autre levier de cette réforme. En se conformant aux standards internationaux, notamment ceux du Groupe d’action financière (GAFI), l’Algérie cherche à moderniser ses pratiques économiques tout en améliorant la transparence du système financier. La mise en place de mesures plus strictes en matière de contrôle des transactions vise à renforcer la régulation du secteur économique et à améliorer la traçabilité des opérations.
La digitalisation comme outil central
L’un des axes majeurs de cette transition vers une économie formelle est la digitalisation des paiements. Dans cette optique, le gouvernement algérien a mis en place une politique de distribution massive de terminaux de paiement électroniques (TPE) aux commerçants. Ces appareils permettent de réaliser des transactions bancaires électroniques, ce qui constitue un pas important pour réduire la dépendance à l’argent liquide et faciliter l’intégration des commerçants dans le secteur formel.
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En outre, l’Algérie met en place un cadre législatif pour encourager la bancarisation. L’objectif est de faciliter l'accès des petites et moyennes entreprises (PME) aux services bancaires, et ainsi réduire les barrières qui les empêchent de rejoindre l’économie formelle. Cette initiative vise à créer un environnement économique plus structuré, où les échanges sont plus transparents et où les acteurs économiques sont soumis à des règles fiscales et comptables claires.
Vers une économie plus transparente et régulée
L'une des raisons principales pour lutter contre l’informel est de rétablir la confiance des citoyens dans les institutions financières. En intégrant l’informel dans l’économie formelle, l’Algérie entend créer un système économique plus transparent, où tous les acteurs respectent les mêmes règles, favorisant ainsi une concurrence saine et équitable.
Cette transformation vise également à attirer davantage d’investissements étrangers en améliorant la prévisibilité et la régularité du marché algérien. En régularisant le secteur informel, le gouvernement espère non seulement diversifier ses recettes fiscales, mais aussi offrir un cadre propice à l’émergence de nouvelles entreprises et à l’innovation dans le pays.
