7000 euros pour une traversée depuis l’Algérie : un réseau de passeurs démantelé en Espagne

Une opération coordonnée par la Guardia Civil espagnole, en collaboration avec Europol, la Gendarmerie nationale française et les Carabinieri italiens, a permis de démanteler une organisation criminelle active entre l’Algérie et l’Espagne. Le réseau proposait des traversées maritimes rapides depuis l’Algérie vers plusieurs points de la côte espagnole, facturées jusqu’à 7000 euros par passager.

Selon les informations communiquées par la Guardia Civil, l’opération baptisée « Nautilita » a abouti à l’arrestation de 14 personnes dans les provinces d’Alicante, Almería, Murcie et Séville. Huit autres individus font l’objet d’investigations. Les autorités espagnoles précisent que les personnes interpellées sont poursuivies pour des infractions liées à la participation à une organisation criminelle, au trafic illicite de migrants, au blanchiment de capitaux, à la contrebande et à la détention illégale d’armes à feu.

L’enquête a démontré que le réseau organisait des départs depuis le littoral de l’Algérie, en utilisant des embarcations pneumatiques rapides capables d’atteindre les côtes espagnoles en environ quatre heures. Les passagers devaient verser jusqu’à 7000 euros pour effectuer ce trajet maritime.

Faits-divers Il devait rejoindre le Maroc : un avion Transavia fait demi-tour et revient à Paris-Orly

Les moyens logistiques saisis lors des perquisitions

Les perquisitions menées dans le cadre de l’opération ont permis de saisir 15 embarcations pneumatiques mesurant entre 7,5 et 8 mètres, équipées de moteurs d’une puissance pouvant atteindre 425 chevaux. Les enquêteurs ont également confisqué 133 bidons de carburant, plusieurs armes à feu et 68'115 euros en espèces.

Les autorités estiment que les revenus générés par ces activités dépassaient un million d’euros. Une partie de ces fonds aurait transité par des sociétés situées en France et par des circuits de transfert informel tels que la "hawala".

Un réseau structuré entre l’Algérie et l’Europe

La Guardia Civil indique que l’organisation disposait d’une structure hiérarchisée. Elle comprenait des responsables financiers, des logisticiens chargés de l’approvisionnement en carburant et en moteurs, des intermédiaires en contact avec les migrants et des conducteurs d’embarcations.

Selon les informations publiées, ce système permettait de maintenir une activité continue malgré les saisies de matériel ou les arrestations isolées. Les migrants partaient de différents points de l’Algérie pour rejoindre les côtes de l’Espagne, principalement en Andalousie et dans la région d’Alicante.

Faits-divers Port d’Alger : une importante cargaison de drogue découverte dans un véhicule arrivé de Marseille

L’enquête reste ouverte

Les 14 personnes arrêtées ont été placées à la disposition de la justice espagnole. Les procédures en cours visent à établir les responsabilités individuelles dans l’organisation. Les autorités judiciaires poursuivent l’analyse des preuves saisies et des flux financiers identifiés, en coordination avec les partenaires européens.

Les enquêteurs n’ont pas communiqué de données précises sur le nombre de migrants concernés par ces traversées entre l’Algérie et l’Espagne, ni sur les conditions exactes de ces voyages. L’enquête reste ouverte et d’autres développements sont attendus dans les prochains mois.


Vous aimez cet article ? Partagez !