L'Algérie fait du chantage migratoire à l'Espagne ? El País répond sans détour

Alors que les arrivées de migrants en provenance d’Algérie explosent cet été vers les îles Baléares, plusieurs voix en Espagne, notamment dans la presse conservatrice, suggèrent un usage stratégique de ces flux par Alger. Le quotidien espagnol El País, considéré comme une référence au centre-gauche, a publié un long article contestant fermement cette thèse.

Depuis le début du mois d’août, plus de 4800 personnes ont débarqué dans les Baléares, selon les autorités espagnoles. Une hausse de 71 % par rapport à 2024, avec une nette prédominance des départs depuis les côtes algériennes. Cette situation a provoqué un débat politique sur les causes de ce phénomène, notamment sur la supposée volonté de l’Algérie de faire pression sur l’Espagne.

Des soupçons sans fondement selon El País

Dans son enquête publiée ce jeudi 28 août 2025, El País affirme que rien ne permet de conclure à un chantage organisé. Des sources policières citées par le journal confirment l’absence d’éléments prouvant une instrumentalisation des départs. Au contraire, la coopération technique entre les deux pays reste active. Les canaux de communication entre les ministères de l’Intérieur continuent de fonctionner, même après les tensions diplomatiques apparues à partir de mars 2022.

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Selon El País, le regain de traversées vers les Baléares s’explique par plusieurs facteurs internes à l’Algérie. D’une part, de nombreux jeunes Algériens cherchent à quitter leur pays. D’autre part, l’Algérie est devenue un point de passage pour des migrants subsahariens stationnés au sud du pays. Ces derniers font appel à des réseaux de passeurs de plus en plus structurés, opérant soit depuis Oran avec des embarcations puissantes, soit depuis Alger avec des bateaux plus rudimentaires.

 

Des facteurs climatiques et géopolitiques en toile de fond

Le journal rappelle que les départs s’intensifient entre août et octobre, en lien avec des conditions météorologiques favorables. Le repositionnement des routes migratoires en Afrique, notamment la baisse de fréquentation de la Libye au profit de l’Algérie, joue aussi un rôle.

El País souligne que, même lors du gel temporaire des expulsions en 2022, les relations sécuritaires n’ont jamais été rompues. L’Algérie n’a, selon les observateurs cités, jamais utilisé la migration comme levier diplomatique, contrairement à d’autres pays de la région, allusion à peine voilée au voisin marocain.

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Cette analyse s’oppose aux simplifications politiques défendue bec et ongles par la droite et l'extrême droite, et met en avant une situation multicausale, où l’Algérie apparaît davantage comme pays de transit et de départ, plutôt que comme acteur manipulateur des flux migratoires.


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