La dette extérieure de l'Algérie présente une tendance à la baisse soutenue selon les dernières données disponibles. Cette diminution progressive caractérise l'évolution de l'endettement du pays depuis plusieurs années. Les chiffres actualisés confirment cette orientation constante de la politique financière algérienne.
Selon le rapport de la Banque d'Algérie mardi 16 septembre par le journal El Khabar, la dette extérieure totale de l’Algérie est passée de 3,832 milliards de dollars en 2019 à 2,870 milliards de dollars à la fin de l'année 2024. Cette réduction progressive s'inscrit dans le cadre d'une politique financière prudente et d'une gestion proactive de la dette par les autorités. Les données préliminaires pour 2024 confirment la poursuite de cette tendance à la baisse observée sur les six dernières années.
La structure de la dette algérienne montre une diminution notable de l'endettement à long terme, passé de 1,568 milliard de dollars en 2019 à 1,114 milliard de dollars en 2024. La dette à court terme s'établit à 1,756 milliard de dollars en 2024 contre 2,264 milliards de dollars en 2019. Cette évolution reflète une réduction de la dépendance au financement extérieur, particulièrement pour les engagements à long terme.
Économie L’Algérie exporte 26 000 tonnes de ce produit vers les États-Unis
La composition de la dette algérienne
Les crédits multilatéraux provenant d'institutions comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) constituent la composante principale de la dette algérienne à long terme. Ce poste est passé de 1,009 milliard de dollars en 2019 à 0,718 milliard de dollars en 2024. Les crédits bilatéraux, représentant des prêts directs entre gouvernements, ont connu une diminution importante de 0,385 milliard de dollars à 0,130 milliard de dollars sur la même période.
Le soutien des maisons mères à leurs filiales en Algérie représente le seul poste ayant enregistré une légère augmentation au sein de la dette à long terme, passant de 0,130 milliard de dollars à 0,254 milliard de dollars. Aucune émission obligataire n'a été enregistrée pendant toute la période considérée, ce qui confirme l'absence de recours aux marchés internationaux de la dette pour le financement du déficit budgétaire.
La structure de la dette par échéance
La dette à court terme représente la part majoritaire de la dette extérieure totale avec 61,2% du total en 2024. Cette catégorie comprend principalement les dettes commerciales liées aux importations et les engagements financiers à court terme. Après avoir connu une augmentation en 2022 et 2023, ce type de dette a retrouvé une tendance baissière en 2024.
La structure relative de la dette algérienne montre une transformation notable avec la part de la dette à long terme passant de 40,9% du total en 2019 à 38,8% en 2024. La part des crédits multilatéraux a diminué de 26,3% à 25,0% tandis que celle des crédits bilatéraux a connu une réduction importante de 10,1% à 4,5% sur la même période.
Économie Gaz : l’Algérie renforce son rôle dans l’approvisionnement de l’Allemagne
Les implications économiques
Cette configuration de la dette extérieure algérienne reflète une approche prudente de la gestion de l'endettement public. L'absence de recours aux émissions obligataires internationales constitue une caractéristique notable de la politique financière du pays. Cette orientation permet d'éviter l'exposition aux fluctuations des marchés financiers internationaux et aux taux d'intérêt élevés.
La prédominance de la dette à court terme nécessite une gestion attentive des questions de liquidité à court terme. La diminution du niveau global de la dette offre cependant une marge de manœuvre importante pour faire face à d'éventuels chocs économiques futurs. Les statistiques de la Banque d'Algérie montrent une amélioration continue de la position extérieure du pays.
