Le ministère algérien des Affaires étrangères a publié, vendredi 19 septembre, un communiqué concernant une plainte déposée par le gouvernement malien contre l'Algérie après l'incident du 25 mars 2025, où un drone malien a été abattu par l'armée algérienne.
Le 25 mars 2025, l'armée algérienne a abattu un drone malien qui a violé l’espace aérien de l'Algérie. L’incident a eu lieu sur le territoire algérien. L’Algérie affirme que l'appareil a pénétré son espace aérien, ce qui a conduit à son abattage. De son côté, le gouvernement malien a réagi en contestation, déclarant que le drone avait été abattu au-dessus de leur territoire et non dans l'espace aérien algérien.
Le gouvernement malien a déposé une plainte officielle auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) le 16 septembre 2025. La plainte accuse l’Algérie d’avoir abattu un drone malien au-dessus du territoire malien et demande à la CIJ d’examiner les circonstances de l’incident. Le Mali considère que l’Algérie a violé ses droits en procédant à l’abattage du drone.
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L'Algérie confirme la plainte malienne
Le ministère algérien des Affaires étrangères a confirmé, vendredi 19 septembre, la réception de cette plainte au niveau de la CIJ. Ce développement survient après plusieurs mois de tensions diplomatiques entre les deux pays.
Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a réagi publiquement lors d'une conférence le 13 septembre 2025, sur une rumeur concernant le dépôt d'une plainte malienne. Il a précisé que le gouvernement malien de transition, cherche à détourner l'attention de ses problèmes internes en accablant l'Algérie. Le MAE rappelle que "le gouvernement malien a annoncé avoir déposé, le 4 septembre 2025, une requête introductive d’instance contre l’Algérie auprès de la cour internationale de justice."
Le ministère algérien a souligné que "face à cette déclaration mensongère, les autorités maliennes se sont résolues à déposer cette requête, le 16 septembre courant, comme annoncé aujourd’hui par un communiqué émanant de la Cour internationale de justice." Le MAE a également qualifié la plainte de "manœuvre de diversion", et a précisé qu’il rejetterait officiellement cette démarche auprès de la CIJ en temps voulu. Il a ajouté que l’Algérie avait agi dans le respect des normes internationales en matière de défense de son espace aérien.
#Communiqué pic.twitter.com/zOSTDgjgso
— وزارة الشؤون الخارجية| MFA-Algeria (@Algeria_MFA) September 19, 2025
Relations tendues entre l'Algérie et le Mal
Cet incident survient dans un contexte de relations tendues entre l'Algérie et le Mali. Depuis le coup d’État malien de 2021, les deux pays ont vu leurs relations diplomatiques se détériorer, notamment concernant la gestion des problèmes de sécurité dans la région du Sahel. L’Algérie, acteur clé de la sécurité régionale, a pris position contre l’isolement diplomatique du Mali, mais la situation est devenue plus compliquée avec des différends concernant la gestion des frontières et la présence de forces étrangères.
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Le ministère algérien des Affaires étrangère pointe "un paradoxe saisissant". Ce paradoxe "réside dans le fait de voir la junte malienne qui a foulé au pied la légalité et l’ordre constitutionnel dans son pays se soucier du droit qu’elle méprise au plan interne et auquel elle prétend faussement s’attacher au plan international."
L'Algérie refuse cette procédure manœuvrière
Le ministère algérien indique à la fin, que l'autorité algérienne "notifiera au temps opportun à la Cour internationale de justice son refus de cette procédure manœuvrière," souligne le communiqué. Et d'expliquer que l’Algérie qui "a une trop haute idée du droit international, tout comme elle voue un profond respect pour la Cour international de justice", a "le devoir de ne pas permettre qu’ils fassent l’objet d’une diversion autant avérée que dérisoire."
La Cour internationale de justice qui a confirmé avoir reçu la plainte malienne contre l'Algérie, a affirmé qu' "aucun acte de procédure ne sera effectué tant que l’Algérie n’aura pas accepté la compétence de la Cour en l’espèce".
