L’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, a suscité une vive réaction après avoir affirmé que les États-Unis et le Royaume-Uni sont complices de la politique algérienne visant à réduire la présence de la langue française en Algérie. Selon ses propos relayés par plusieurs médias, il estime que Washington et Londres encourageraient activement l’usage de la langue anglaise dans le système éducatif et administratif algérien.
Xavier Driencourt a occupé le poste d’ambassadeur de France à Alger à deux reprises, entre 2008 et 2012, puis de 2017 à 2020. Connu pour ses positions critiques vis-à-vis des autorités algériennes, il a soutenu que l’enseignement de l’anglais et la diminution progressive du français traduiraient, selon lui, une forme d’influence étrangère dans la politique linguistique du pays.
Les déclarations de l’ancien diplomate s’inscrivent dans un contexte marqué par la mise en œuvre, depuis 2022, d’un programme gouvernemental visant à introduire la langue anglaise dès le cycle primaire. Le ministère de l’Éducation nationale en Algérie a officialisé cette réforme dans le cadre d’une adaptation du système éducatif aux exigences scientifiques et technologiques mondiales.
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Les mesures linguistiques adoptées par l’Algérie
L’introduction de la langue anglaise à l’école primaire a débuté progressivement à la rentrée 2022-2023. Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé que cette réforme concernait d’abord les classes de quatrième année primaire, avant d’être étendue aux autres niveaux. Le programme repose sur des manuels élaborés localement et sur la formation d’enseignants spécialisés recrutés à cet effet.
La décision du gouvernement algérien a été présentée comme un choix souverain destiné à diversifier les compétences linguistiques des élèves. Les autorités éducatives ont précisé que cette mesure ne visait pas à remplacer la langue française, mais à permettre l’acquisition de l’anglais comme langue scientifique et internationale.
En parallèle, la langue française reste présente dans le système éducatif, notamment dans l’enseignement secondaire et universitaire. Plusieurs filières techniques continuent d’utiliser le français comme langue d’enseignement. Les institutions publiques maintiennent également l’usage du français dans une partie de leurs communications administratives et diplomatiques.
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L’ex-ambassadeur Xavier Driencourt accuse Washington et Londres d’être complice avec Alger pour mener une « guerre culturelle » contre la France.
« Il n’y a qu’un… pic.twitter.com/KPsmY2thGV
— UA. (@UnionAlgerienne) October 10, 2025
Réactions aux propos de l’ancien ambassadeur
Les propos de Xavier Driencourt ont été perçus comme une lecture politique d’une réforme interne. Dans l’entretien accordé à TVL, l’ancien ambassadeur accuse les ambassades des États-Unis et du Royaume-Uni à Alger de mener des programmes d’encouragement à l’apprentissage de l’anglais. Il évoque des bourses d’études, des échanges universitaires et des partenariats éducatifs financés par ces deux pays.
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Les autorités algériennes n’ont pas commenté directement ces déclarations. Cependant, plusieurs observateurs soulignent que les programmes évoqués existent depuis plusieurs années dans le cadre d’accords de coopération bilatérale ordinaires. Le British Council et l’ambassade des États-Unis en Algérie mènent en effet diverses initiatives linguistiques, centrées sur la formation en anglais et les échanges éducatifs, sans référence explicite à la politique linguistique nationale.
Les propos de Xavier Driencourt illustrent la persistance d’un débat sensible autour de la place de la langue française en Algérie. Cette question demeure étroitement liée à l’histoire coloniale et aux relations diplomatiques entre Alger et Paris.
La situation actuelle de la langue française en Algérie
Aujourd’hui, la langue française en Algérie conserve un statut d’usage étendu dans plusieurs secteurs. Elle demeure la langue principale de travail dans de nombreuses entreprises, universités et médias. Selon les données de l’Organisation internationale de la Francophonie, l’Algérie compte parmi les pays où le français est le plus parlé au monde, bien qu’il ne bénéficie pas d’un statut officiel dans la Constitution.
Les réformes linguistiques entreprises par l’État visent à élargir le champ des langues étrangères sans exclure la langue française. Le plurilinguisme est désormais considéré comme un levier d’ouverture académique et professionnelle. Dans ce cadre, la politique éducative algérienne cherche à équilibrer entre héritage historique et adaptation aux besoins contemporains de la société.
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