Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a validé, lors du dernier Conseil des ministres, la création de trois nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer dans les wilayas de Chlef, Mostaganem et Tlemcen, dans le cadre de la stratégie nationale de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable.
Selon un communiqué de la présidence de la République rendant compte des décisions du dernier Conseil des ministres, chaque station aura une capacité de 300'000 m³/jour, ce qui représente un volume total de 900'000 m³/jour. Ces infrastructures viendront s’ajouter aux cinq méga-stations déjà opérationnelles sur le littoral algérien, et renforceront considérablement la production nationale d’eau dessalée, estimée aujourd’hui à environ 3,7 millions de m³ par jour.
Ce déploiement vise à assurer la stabilité hydrique à long terme, dans un contexte de sécheresse persistante et de pression croissante sur les nappes phréatiques. Le président Tebboune a insisté sur l’importance d’une gestion rigoureuse et prévisionnelle de cette ressource, en ordonnant l’élaboration d’études scientifiques régionales prenant en compte les taux de pluviométrie et les besoins réels de chaque territoire.
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Algérie : une stratégie structurée depuis 2021
Lancé en 2021, le programme national de dessalement prévoit à terme huit stations réparties sur l’ensemble du littoral algérien. Les trois localisations restantes feront l’objet d’une validation lors des prochains conseils des ministres et concerneront certainement des wilayas du centre et/ou de l'est du pays.
Cette nouvelle phase marque une accélération significative du plan, qui s’appuie sur l’expertise acquise par les entreprises algériennes dans la construction de stations précédentes, comme celles de Cap Blanc (Oran), Fouka 2 (Tipaza) ou Koudiet Eddraouche (El Tarf).
Un objectif de desserte jusqu’à 250 km à l’intérieur des terres
Avec cette initiative, l’Algérie entend également étendre la distribution d’eau dessalée vers les régions de l’intérieur et des Hauts Plateaux. Le périmètre de desserte pourrait atteindre jusqu’à 250 km à partir des côtes, contre 150 km auparavant.
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Cette mesure a pour but de soulager les ressources superficielles (barrages) et souterraines, tout en garantissant une alimentation continue des populations éloignées. Un réseau de transport et de raccordement performant est prévu pour accompagner cette transformation.
Ces projets s’inscrivent dans une politique affirmée de souveraineté hydrique, avec un investissement public estimé à 2,4 milliards de dollars. À travers ces décisions, le gouvernement entend inscrire le dessalement non comme une solution d’urgence, mais comme un axe structurel et durable de la gestion nationale de l’eau.
