Le régime de retraite complémentaire français Agirc-Arrco a lancé une vaste opération de contrôle de l'existence de ses bénéficiaires résidant à l'étranger. Cette campagne cible notamment les retraités installés en Algérie. Son objectif est de vérifier l'identité des pensionnés afin de régulariser les situations. L'opération s'inscrit dans un dispositif plus large de lutte contre les versements indus. Les retraités concernés sont progressivement convoqués pour justifier de leur état civil.
Le régime Agirc-Arrco, qui gère la retraite complémentaire des salariés du secteur privé en France, a initié un programme de contrôle spécifiquement destiné aux pensionnés vivant hors du territoire français. Cette initiative prévoit plusieurs centaines de milliers de vérifications sur une période de six ans. La première phase de ce dispositif concerne principalement les retraités résidant en Algérie.
Les contrôles doivent ensuite être étendus à d'autres pays. Le Maroc, la Tunisie et la Turquie sont explicitement mentionnés comme les prochaines zones géographiques concernées par ce déploiement progressif. L'ensemble de l'opération vise à auditer près de 400'000 dossiers sur la durée totale prévue.
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Les modalités pratiques des contrôles en Algérie
Pour la campagne en Algérie, les retraités concernés sont convoqués via des partenaires bancaires locaux. Les bénéficiaires reçoivent ainsi une invitation à se présenter physiquement à un guichet désigné. Ils doivent y apporter des pièces d'identité officielles pour confirmer leur identité et leur existence, rapporte Anadolu Agency.
En cas de non-présentation à ce rendez-vous, ou si le dossier fourni est incomplet ou non conforme, le versement de la pension peut être suspendu. Ce blocage des virements est appliqué systématiquement lorsque le retraité ne répond pas à la convocation. Selon les informations disponibles, 16 % des retraités français installés en Algérie recevront une convocation dans le cadre de la première phase de cette opération, menée au cours de l'année en cours.
Le contexte des soupçons de fraude
Cette campagne de vérification intervient dans un contexte où les autorités françaises relèvent régulièrement des failles dans les procédures de contrôle des retraités expatriés. La Cour des comptes française a souligné, dans plusieurs rapports, l'existence de versements indus. Ces derniers peuvent être liés à l'absence de transmission d'actes de décès ou à des cas d'usurpation d'identité.
Des milliers de retraités français vivant à l’étranger vont recevoir une convocation cruciale. L’Agirc-Arrco lance une vaste opération de contrôle, en particulier au Maghreb, pour lutter contre les fraudes : tout bénéficiaire qui ne se présentera pas à son rendez-vous bancaire… pic.twitter.com/FmystQrUkW
— TRT Français (@trtfrancais) December 10, 2025
Des phases de contrôle pilote ont déjà été menées par le passé. Les résultats de ces expérimentations ont conduit à un nombre significatif de suspensions de droits. Les statistiques de la Cour des comptes, citées dans le cadre de cette nouvelle campagne, indiquent qu'environ un quart des vérifications effectuées lors de ces phases tests ont abouti à une suppression de la pension.
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La modernisation des moyens de contrôle
Pour moderniser ses procédures, l'Agirc-Arrco prévoit de recourir à des outils numériques. L'utilisation de technologies de reconnaissance biométrique, comme la reconnaissance faciale, est envisagée pour faciliter les vérifications à distance. Parallèlement, l'organisme travaille au renforcement de l'échange de données entre les différentes caisses de retraite, aux niveaux national et international.
Cette initiative suscite des réactions parmi les associations de retraités expatriés. Ces dernières expriment des inquiétudes concernant les difficultés pratiques que pourraient rencontrer certaines personnes. Les retraités âgés ou vivant dans des zones éloignées des agences bancaires partenaires pourraient éprouver des complications à se déplacer, avec le risque d'une suspension de leur pension malgré la légitimité de leurs droits. Jusqu'à présent, les caisses s'appuyaient principalement sur l'envoi par courrier de « certificats de vie » à faire remplir.
